Ma lettre ouverte, un devoir de conscience vis-à-vis des autres

Mise à jour du 21 février 2020.
SI TOI aussi, tu envisages de quitter définitivement l'organisation des témoins de Jéhovah, ou si dans ton cœur ta relation personnelle avec le Père et le Seigneur Jésus-Christ est aujourd'hui devenue la richesse spirituelle la plus importante à préserver ( Jean 14:21 / Romains 5:5 ) ; si parfois, tu as aussi le sentiment d'être un peu hypocrite et comme assis entre deux chaises dans cette situation pénible, le sujet suivant t'aidera peut-être parmi d'autres sources sérieuses et fiables, dans cette réflexion difficile et personnelle.

Comme je le fus moi-même, et beaucoup d'autres avant, sache que la violence de l'ostracisme imposée par les dirigeants de la société Watchtower peut te toucher à tout moment : simplement parce que tu n'assistes plus aux réunions depuis plusieurs mois, ou que tu participes moins ou plus du tout à la prédication organisée, ou encore, parce que tu n'es pas d'accord avec certaines pratiques malhonnêtes ou certains enseignements dangereux, etc. Décider de se retirer volontairement est un choix très difficile, et purement personnel ; pour certains, c'est le choix de se reconstruire plus sereinement ( Michée 7:7 ).

Après ces moments pénibles, qui je l'avoue m'avait un peu fatigué, je ne me sentais plus à ma place dans ces réunions ; et comme du jour au lendemain, l'ensemble des membres de ma congrégation locale me tourna complètement le dos : probablement parce que je n'assistais plus aux réunions, mais certainement aussi, parce qu'il y avait un litige en cours à l'encontre du Béthel, le centre administratif de Louviers.

En complément, voir les sujets : S-77b-F, une expérience bouleversante, Le porte-à-porte, une activité qui te rend malhonnête ? et Témoins de Jéhovah, avez-vous lu ce livre ?.

Ma confiance en l'organisation s'est donc détériorée progressivement : d'abord dans les anciens et certains itinérants, puis dans les hauts dirigeants autoritaires de l'ACTJF, et finalement le collège central.

Une “crainteˮ trompeuse

Durant les deux années et demie d'ostracisme qui aboutirent à cette démission définitive, de nombreuses questions et réflexions semblaient comme quotidiennement me tourmenter. La plus difficile, fut certainement cette crainte que je ressentais : la crainte que le Père ne m'abandonne, si je quittais l'organisation. En réalité, il s'agissait d'un endoctrinement, une idée trompeuse sournoisement implantée par le collège central dans leurs publications et leurs nombreux discours perfides.

L'enseignement selon lequel Dieu nous priverait de son affection si nous quittions cette organisation se révéla être un mensonge odieux, une tromperie monstrueuse ; la seule privation que je dus supporter au début, fut uniquement celle des membres locaux, fidèles de ce groupe d'hommes autoritaires, et non celle du Père ; et par la suite, ceux qui m'étaient plus proches...

Avec le recul, je sais aujourd'hui combien le Père est fidèle et compatissant, et son amour est de toute évidence, bien au-dessus de cette vision violente, trompeuse et fermée que propose cette organisation ; son esprit n'a donc jamais cessé de se manifester au quotidien, autant durant cette période d'isolement, que bien après mon retrait définitif ( Matthieu 28:20 ).

Le retrait volontaire, un devoir de conscience vis-à-vis des autres

Ne comprenant pas vraiment l'intérêt de faire une lettre de retrait pour qu'elle finisse numérisée et conservée à vie dans les serveurs de la société Watchtower contre ma volonté, il me sembla plus utile de diffuser une lettre ouverte à l'ensemble des membres de ma congrégation locale, mais de téléphoner préalablement à l'ancien, responsable de la coordination du collège des anciens, pour l'informer simplement et « oralement » de mon choix personnel définitif. De ce fait, l'organisation et la congrégation n'étaient pas légalement autorisées à conserver ce courrier.

Ci-dessous, ma lettre ouverte envoyée par SMS à près de 60 frères et sœurs, le jour de l'annonce publique par le coordinateur, après le préavis d'appel :

« Bonsoir,

Comme cela vous a été annoncé, je ne suis plus membre de l'organisation.

Ayant par le passé été profondément déçu et dû également supporter durant l'ensemble de ce parcours à vos côtés et à plusieurs reprises, des brimades pénibles et épuisantes, je n'exprime plus dans mon cœur depuis 2015, ce souhait d'appartenance à cette organisation.

Néanmoins, dans l'éventualité où nous serions amenés à nous croiser, puissiez-vous, en tout cas je vous y encourage avec la plus grande douceur et profond respect, à continuer de coexister dans la paix, d'une manière paisible et agréable, mettant tout comme moi en pratique, ces paroles si précieuses de Romains 12:18, qui expriment ces mots :

“ Si possible, pour autant que cela dépend de vous, soyez en paix avec tous les hommes. ”

Comme vous le savez sûrement, je suis toujours “chrétien” mais plus modeste désormais, appartenant pleinement à Christ, libre d'aimer notre Père par son seul médiateur prévu ; il est vrai que je ne soutiens plus l'idée d'appartenance et de soumission absolue à une organisation religieuse comme seul et unique moyen de salut.

Cette décision personnelle étant définitive, il ne sert donc à rien de penser que par un rejet ou un comportement extrême de votre part, vous puissiez un jour me faire changer d'avis.

Entre temps, j'ai également eu connaissance via Internet de faits internes scabreux à l’échelle mondiale de cette organisation ; chose que j'ignorais complètement avant, et que je rejette totalement.

Comme vous le comprenez, cette organisation est devenue à mes yeux aujourd'hui, bien loin d'être rassurante. Étant comme désabusé, et sentiment de m'être trompé, je regrette de ne pas m’être réveillé plus tôt. La confiance est probablement le don le plus fragile que nous offrons, et cette forme de confiance totale et absolue exigée jadis par cette entité religieuse, ne peut et ne pourra donc plus jamais être reconstruite à nouveau, ma conscience chrétienne a repris le dessus (Marc 13:37).

De plus, ma relation personnelle avec mon Père et avec Christ n'a jamais été aussi pure, vivante, et proche depuis 2015 ; par sa bienveillance, ma joie a été préservée auprès de lui jusqu'à ce jour.

En résumé, ce n'est donc ni Dieu, ni Jésus-Christ, ni vous que je rejette, mais cette forme d'entité que je considère comme autoritaire, trompeuse vis-à-vis de l'ensemble de ses membres, manipulatrice et malhonnête par moment ; la méchanceté et les abus d'autorité sont de trop, et sans parler du non-respect en haut lieu de nos droits civiques les plus élémentaires ; bref, je rejette tout ce qui peut blesser ou faire souffrir les petites gens si fragiles que nous sommes...

Puissiez-vous comprendre par ce message que je n'ai rien contre vous, qu'il s'agit d'une décision purement personnelle, une erreur d'itinéraire. Et si un instant par le passé, j'ai pu éventuellement vous offenser ou vous faire un moindre tort, je vous prie de me pardonner ou vous en demande encore sincèrement pardon.

Respectueusement, »

Cette démission s'est donc effectuée avec le plus profond respect, motivée par l'attachement et la recherche sincère du Père, et l'amour du prochain ; après une mûre réflexion de plus de deux années et demie, un départ courtois sans claquer la porte.

Le retrait volontaire, un chemin difficile vers la liberté chrétienne

Une autre crainte qui peut également retenir de sortir de cette organisation, est la peur de se retrouver seul ou totalement isolée. Le travail peut s'avérer être un bon moyen de créer un peu de lien social sain, et permettre ainsi de mieux préparer son départ ; c'est en tout cas ce que j'ai découvert en retrouvant un emploi à temps partiel.

Aujourd'hui, après quelques moments de solitude traversés, parfois intenses, du fait de cette violence privative et cruelle infligée par le collège central à tous ceux qui, comme moi, choisissent pour des raisons clairement justifiées et légitimes, de ne plus être membre de cette organisation trompeuse, ou sont excommuniés, je ne regrette absolument pas ce choix : le choix de m'être attaché directement au Père sans plus aucun autre intermédiaire, si ce n'est Jésus-Christ ; n'ayant également plus ce sentiment d'être comme assis entre deux chaises, comme à devoir rendre des comptes à ces dirigeants autoritaires, alors que je n'exprimais plus le souhait de revenir.

Par ailleurs, si je devais y remettre un jour les pieds, j'aurais vraiment aujourd'hui le sentiment de faire du tourisme dans un hôpital psychiatrique, ou d'être assis un instant au milieu des fous ! (humour)

Et toi, penses-tu aussi que l'ostracisme n'est pas un acte de violence ?


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De nombreux enseignements de la société Watchtower trompent leurs fidèles en prétendant que s'ils ne servent pas activement l'organisation ou la quittent volontairement, même pour des raisons légitimes ou justifiées, perdront systématiquement l'approbation de Dieu ; il s'agit de toute évidence d'un ignoble mensonge, et d'une contradiction manifeste du verset d'Actes 10:35 : La tour de garde du 15 mai 2014, page 29 § 15 ; La tour de garde du 15 juillet 2011, page 28 § 16b-17a ; La tour de garde du 1 Juin 1979, page 24 § 16. | Les personnes qui se retirent volontairement, ou sont excommuniées, sont considérées comme des malades mentaux : La tour de garde du 15 juillet 2011, page 16 § 6. [Afficher les citations]



Commentaires (2)
Le 28 février 2021, 07:51
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Le 06 janvier 2021, 15:06
Bonjour,
Je viens de découvrir ton blog aujourd'hui et j'ai le sentiment de me retrouver un peu dans ton récit.
J'ai 43 ans et suis "né dans la vérité".
Je suis marié depuis 12 ans et ai une fille de 10 ans.
Nous sommes donc tous TJ, même si depuis 1 an je suis inactif.
Mon inactivité s'est installée petit à petit, durant plusieurs années et s'est bcp accrue depuis 1 an.
Plusieurs choses me gênaient ou choquaient durant mes longues années:
- l'absence de critique sur les sujets de la société (critique = rebelle).
- le collège central, organe unique de communication avec ses fidèles, supposé être le porte parole de Dieu sur terre, mais se disant imparfait lorsque des erreurs sont admises.
- pression exercée pour faire toujours plus ou justifier les objectifs non remplis
- les questions de conscience qui n'en finissaient plus
- des interprétations assez sévères sur des sujets (fêtes, sang, etc..).

J'en oubli.
Il y a plusieurs mois, un ancien a voulu me proposer son "aide".
Je lui ai dit que j'avais des doutes sur certains points et que je voulais avoir des confirmations des réponses de la société par d'autres ouvrages.
Il a accepté et comme j'aime l'histoire, il m'a proposé de revoir la "chronologie" biblique.
OK. J'ai commencé par une date = 607. J'ai commencé à être surpris de ne rien trouver à cette date sur les ouvrages historiques profanes. Pourtant j'étais tellement persuadé que 607 était une date incontestable que je fus troublé.
J'écris à l'ancien de ce problème et me réponds comment on trouve la date 607, par les publications JW. Il commence a me parler de date pivot incontestable historiquement et bibliquement, comme 539.
Je lui dit Ok pour 539 mais 607? Si tu dis qu'une date pivot est incontestable et historiquement et bibliquement, alors 607 aussi, non?
Et là, plus de réponses! ! A partir de ce moment là j'ai pris la décision de vérifier les affirmations de la société et de les confronter, comme tout bon chercheur (chose que je ne faisais pas, puisqu'on nous harcèle de ne lire que les publications JW).
J'ai ainsi fait la connaissance de Raymond Franz et j'ai dévoré ses 2 livres.
Ce fut pour moi un big banc! ! Toutes les choses dont j'ignorait l'existence et qui confirmaient mes doutes.
Aujourd'hui je suis entre 2 chaises. Soit je quitte l'organisation mais je n'ai plus de contact avec ma famille (qui est toute tj), mes amis, etc.. ou je reste comme ça mais c'est compliqué à vivre.
Le 06 janvier 2021, 19:12
Bonsoir,

Merci pour ton partage courageux.

Décider de se retirer est un choix purement personnel, et ce n'est ni un choix facile ni un choix à prendre à la légère... Pour ma part, comme expliqué, ce choix m'a pris plus de 2 années et demie ; un choix résultant d'une déception, une prise de conscience qui ne pouvait plus être reconstruite, une confiance presque totalement brisée... Durant cette période d'inactivité et même si je n'assistais plus aux réunions, je me sentais toujours un peu comme toi, comme assis entre deux chaises, avec comme le sentiment stressant de devoir rendre des comptes à ces dirigeants, alors que je n'exprimais plus le souhait ni la volonté de revenir un jour ; une période éprouvante, parce qu'une certaine peur m'aveuglait.

Aujourd'hui, avec le recul et les années, je ne regrette toujours pas ce choix : le choix honnête et sincère de m'être attaché librement à Dieu, à notre Père céleste seul et par la foi en Jésus-Christ, notre Sauveur ( Matthieu 6:6 / Proverbes 29:25 ).

Bien sûr, chaque situation est différente.

Bon courage à toi !