S-77b-F, une expérience bouleversante

Mise à jour du 25 février 2020.

PEU AVANT l'entrée en vigueur le 25 mai 2018 de la GDPR, le nouveau règlement général européen sur la protection des données personnelles*, il y eut dans une congrégation des témoins de Jéhovah de France, un litige gênant pour les dirigeants de l'organisation ; celui-ci débuta au mois de mars 2014 et se prolongea jusqu'en avril 2016. Choqué, ce frère quitta par la suite définitivement l'organisation.

Après un retrait volontaire définitif ou suite à une excommunication, que deviennent nos données personnelles ? Puis-je faire une demande légale auprès du Béthel pour obtenir un droit de regard, de modification ou de suppression de mes données personnelles ? Cette démarche, risque-t-elle d'être longue et compliquée ? Etc.

Si comme de nombreuses autres personnes tu t'es déjà posé ces questions, le témoignage suivant t'apportera certainement une réponse claire et précise. Voici ci-dessous l'histoire d'un ancien témoin de Jéhovah confronté au mécanisme d'une organisation autoritaire, et foncièrement malhonnête ; et comment les dirigeants, anciens, itinérants, hauts responsables et avocat de l'ACTJF de Louviers (France) essayèrent sans-gêne de régler ce différend, au détriment de perdre un compagnon sincère :

Témoignage : Adolescent, il fut porteur d'un VHC chronique, mais à peine majeur, il se vit contraint lors des points du baptême d'être obligé de devoir confier à un ancien qu'il était porteur d'une maladie transmissible, chose qu'il ne tenait pourtant pas à révéler à l'époque. À sa demande, l'ancien lui confirma qu'il n'en parlerait à personne. Il fut alors baptisé le dernier, comme un pestiféré, alors que cette maladie ne se transmet pourtant ni par sudation, ni sexuellement, ni par la salive et encore moins dans une piscine d'eau chaude ! Par la suite, il fréquenta une sœur, et l'ancien, qui lui avait pourtant donné sa parole, alla tout lui raconter alors qu'il venait lui-même de le faire sans qu'on le lui ait demandé ni même suggéré, simplement par amour, et par respect pour son prochain. À la fois déçu, peiné et attristé, il perdit totalement sa confiance dans les anciens ; ainsi, fortement blessé et sans expérience, il trébucha, et quitta l'organisation.

Il semble important de s'arrêter ici un instant, afin de souligner que l'ancien qui lui causa ce tort, ne lui présentera aussi jamais aucune excuse, malgré qu'il soit pourtant allé aimablement lui parler après sa réintégration, lors d'une assemblée de circonscription ; et celui-ci dut encore prendre amèrement sur lui. Par la suite, plusieurs années après, lors du litige qui va suivre, il y eut quelques premiers échanges cordiaux avec la filiale de Louviers pour obtenir un simple droit de regard ; d'abord par téléphone, puis à leur demande, par courrier... avant qu'ils ne finissent par l'obliger à devoir saisir un avocat pour obtenir simplement une copie intégrale de ses données personnelles, qu'ils avaient transférées et conservaient sans son autorisation, et qu'ils refusaient astucieusement de lui remettre, allant jusqu'à lui envoyer des itinérants pour lui dire "oralement" les choses, et les données qu'ils possédaient concernant son état de santé ; ces balades épuisantes, organisées par les dirigeants du Béthel, dureront ainsi plusieurs mois. Lors de ces échanges, entre avocats interposés, un signalement de ce problème de santé et de cet ancien malveillant fut donc pleinement exprimé dans une lettre de mise en demeure envoyée par A.R. ; malgré cela, l'ACTJF fit la sourde oreille complète, et ne donna aucune suite à ce problème important, ni dans aucune de leurs réponses ; comme couvert, cet ancien continua sa route dévastatrice, comme si de rien n'était.

Le litige :

Des années plus tard, alors qu'il fût en plus difficilement réintégré, du fait qu'il prêchait toujours un peu dans les rues, il découvrit après plus d'une année et demie, de demandes cordiales, de balades épuisantes et de procédures "sans plainte" à l'encontre de l'ACTJF, que l'organisation avait bien en réalité conservé la trace de ce retrait volontaire depuis près de 20 années, sans son accord ni son autorisation, prétextant par leur avocat, Maître Philippe GONI, que cet accord "sans signature" serait soi-disant lié à l'étape des points du baptême, et en devenant témoins de Jéhovah ; sujet que les différentes éditions successives du livre « Organisés » de 1983, 2005 et d'octobre 2015 n'abordent même pas...**

Après cette fracture de confiance difficile, qui lui avait fait tant de peine, et qu'il s'était pourtant efforcé malgré tout de reconstruire difficilement depuis sa réintégration, et ce, en l'absence d'un moindre sentiment de regret de la part de cet ancien autoritaire, l'organisation lui en faisait à nouveau, en lui rappelant cet affreux moment du passé, tant, en le conservant et en refusant de le détruire, qu'en n'intervenant pas auprès de cet ancien... Bien que cette démarche, dans son ensemble, lui parut longue et compliquée pour une simple demande de vérification sur ses données personnelles, pourtant légitime et légale, il finit enfin par obtenir ce qu'il souhaitait savoir : l'organisation conservait bien des dossiers dans le dos des personnes ; une copie numérisée du fichier S-77b-F de ce précédent retrait fut transmise à son avocat, le 30 septembre 2015, par le président de l'ACTJF, Monsieur Bruno FAURE.***

Au cours de ces procédures, il apprit également à sa grande surprise, que les données personnelles étaient conservées à vie à l'insu des membres, sans qu'ils en soient clairement informés ; ce fut à-peu-près trois ans avant que l'organisation ne demande de signer une certaine autorisation, suite à l'entrée en vigueur de la GDPR ; une autorisation, rappelons-le, qu'il ne faut absolument pas signer !

Dans sa dernière congrégation, et c'est ce qui déclencha ce doute et cette démarche auprès du Béthel, il découvrit que des lettres d'introductions l'avaient suivi plusieurs années dans son dos et concernaient entre autres son état de santé ; dans l'une, on disait de lui qu'il était rebelle aux anciens, avis médical, etc. ; dans une autre, que c'était quelqu'un de serviable, inscrit à l'école, etc. Devant l'itinérant et tous les anciens présents ce jour-là, on lui présenta des soi-disant excuses et lui remis en main propre ces lettres de diffamations ; une remise en main propre qu'il dût être obligé de quémander auprès de l'itinérant, durant près d'une heure, un soir tard après la réunion de la semaine spéciale, et qu'il ne pût finalement obtenir qu'à la seule condition de les détruire devant eux !, il ne lui était pas permis de repartir avec ; instructions que l'itinérant appliqua méthodiquement à la lettre, après s'être entretenu par téléphone avec la filiale de Louviers, certainement le service juridique de l'ACTJF.

Lors de cette remise en main propre, le secrétaire de la congrégation lui demanda sans-gêne, devant tous les anciens et l'itinérant, de jeter le reste de ces documents déchirés aux toilettes de la salle du royaume, et vérifia qu'il avait bien tiré la chasse d'eau ! ; ces faits furent bien sûr exprimés lors de cette mise en demeure, auxquels les dirigeants de la filiale de Louviers firent également la sourde oreille.

Bien que cette expérience prendrait plusieurs pages s'il fallait la détailler, ce cauchemar au sein de l'organisation des témoins de Jéhovah, dura dans son intégralité près de 27 années, et lui révéla finalement les attraits profonds de celle-ci : l'hypocrisie, la méchanceté, la cruauté, la haine, la malhonnêteté, la prévarication et la dangerosité de cette organisation dans les plus hauts sommets ; et comme tu peux l'imaginer sans peine, il ne put jamais obtenir la suppression de ces données, bien que cette demande fût justifiée, légitime et légale.

Les dirigeants et hommes autoritaires de cette organisation le savent parfaitement bien, il est peu probable que de modestes personnes et parfois fragiles, les traînent en justice... ; et c'est certainement pour cette raison que l'itinérant lui demanda au cours de cette négociation : quel métier il exerçait.

Libre de la Watchtower

Fin 2017, après une période de réflexions, de repos et de soins, je quittais définitivement l'organisation ; découvrant la bienveillance et l'Esprit saint du Père au quotidien qui me confirmait son existence, je compris alors qu'il me fallait apprendre à le connaître et m'en remettre à lui, sans plus aucun intermédiaire, si ce n'est Jésus-Christ ( Matthieu 28:20b ). Bien que cela soit finalement positif et rassurant, cette expérience épouvantable m'amena aussi à comprendre que ma relation personnelle avec le Père était plus importante que la connaissance ou l'assistance à des réunions représentative d'une communauté, et je pris donc la décision personnelle de balayer désormais la moindre appartenance ou identification à une entité religieuse, bien qu'ayant un profond respect pacifiste et neutre pour toutes.

En complément, voir les sujets : Le porte-à-porte, une activité qui te rend malhonnête ?, Témoins de Jéhovah, avez-vous lu ce livre ? et Ma lettre ouverte, un devoir de conscience vis-à-vis des autres.

Durant cette période, le besoin se fit également sentir d'avoir un outil convivial de partages, c'est ainsi que très modestement, veillez.org vit le jour.

Pour celles et ceux qui s'en inquiéteraient éventuellement, rassurez-vous, j'ai fini par guérir de cette sale maladie, grâce aux nouveaux traitements antiviraux d'action directe (AAD) ; malheureusement, la médecine actuelle n'a pas assez de recul suffisant sur les risques ou les dangers éventuels de ces nouvelles solutions.

Combien de personnes encore, atteintes de maladies transmissibles sont actuellement traitées de cette façon au sein de l'organisation des témoins de Jéhovah ? Combien de personnes partout sur cette terre ont été blessées et piétinées par cette organisation dévastatrice et médisante ? Quelles sont réellement les données qui circulent dans le dos de chaque membre ? Ces données sont-elles précises ou également diffamatoires ? Que ce serait-il passé s'il avait été question d'affaires plus graves, par exemple de meurtres, de viols ou de pédophilies, les dirigeants de cette organisation seraient-ils alors susceptibles d'agir également de la sorte, en supprimant toute trace au détriment des victimes ?

Ce sont quelques-unes des nombreuses questions que je me suis posé, avant de soumettre mon retrait définitif de cette organisation trompeuse et malhonnête.


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* La GDPR est le nouveau règlement général sur la protection des données personnelles, entrée en vigueur le 25 mai 2018. Texte complet de la GDPR : RÈGLEMENT (UE) 2016/679 DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL du 27 avril 2016.
** Les points du baptême de l'organisation des témoins de Jéhovah sont contenus dans le livre « Organisés » : Organisés pour bien remplir notre ministère, édition de 1983, QUESTIONS POUR CEUX QUI DESIRENT ETRE BAPTISES, pages 174-218 ; Organisés pour faire la volonté de Jéhovah, édition de 2005, pages 182-216 ; édition d'octobre 2015, pages 170-210.
*** Une copie de l'ensemble des éléments de ce dossier fut soigneusement conservée.
Avant l'édition de 2005 du livre « Organisés », les questions du baptême concernant les maladies transmissibles étaient sous forme d'une instruction directe du collège central, puis elles furent intégrées à l'édition suivante. Livre : Organisés pour faire la volonté de Jéhovah, édition de 2005, pages 196-197 § 8-9 ; édition d'octobre 2015, pages 186-187 § 7-8. [Afficher les citations]



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Le 06 décembre 2021, 18:39
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