Dans la Bible, Dieu éprouve-t-il vraiment les humains ?

Mise à jour du 25 septembre 2020.

TEINTÉS pour ainsi dire par d’innombrables scènes de violences et de barbaries, les récits bibliques prêtent à Dieu bien trop souvent, de nombreuses participations grotesques ; et que certaines organisations religieuses utilisent sans relâche, pour soumettre leurs fidèles. Pourtant, il faut bien modestement reconnaître que dans la réalité, nous n'avons pas vraiment de preuve tangible qui confirme avec certitude, que Dieu aurait bien participé personnellement, à la moindre de ces atrocités.

Et dans cette rivière de violences imputées au Père, celui d'éprouver les humains...

Un Dieu tyrannique ?

Au nombre des récits bibliques traditionnels qui prétendent de telles choses, l'histoire de Moïse dans le désert. Cet ensemble de textes très particulier, tant par sa violence que par son contenu aux chroniques spectaculaires, affirme notamment que Dieu aurait éprouvé les humains, le peuple d'Israël tout juste sorti du pays d’Égypte, durant une longue période de 40 années :

« Souviens-​toi du long chemin par lequel Jéhovah ton Dieu t’a fait marcher pendant ces 40 ans dans le désert pour t’humilier et te mettre à l’épreuve, afin de savoir ce qui était dans ton cœur, si tu garderais ses commandements ou non. » — Deutéronome 8:2, TMN 2018. [Comparer les Bibles]

Durant cette odyssée périlleuse, le texte raconte aussi, que Dieu aurait soi-disant frappé le peuple entre autres, d'une violente plaie meurtrière de serpents venimeux, car celui-ci se serait plaint ; épuisé et découragé semble-t-il, tant par la fatigue que par le manque d'eau, d'hygiène et d'une nourriture équilibrée...

Voici ci-dessous, le récit de cet épisode :

« Puis ils partirent de la montagne de Hor, tirant vers la mer Rouge, pour environner le pays d’Edom, et le cœur manqua au peuple par le chemin. Le peuple donc parla contre Dieu, et contre Moïse, [en disant] : Pourquoi nous as-tu fait monter hors de l’Egypte, pour mourir dans ce désert ? car il n y a point de pain, ni d’eau, et notre âme est ennuyée de ce pain si léger. Et l’Éternel envoya sur le peuple des serpents brûlants qui mordaient le peuple ; tellement qu’il en mourut un grand nombre de ceux d’Israël. Alors le peuple vint vers Moïse, et dit : Nous avons péché, car nous avons parlé contre l’Éternel, et contre toi ; invoque l’Éternel, et qu’il retire de dessus nous les serpents. Et Moïse pria pour le peuple. Et l’Éternel dit à Moïse : Fais-toi un serpent brûlant, et mets-le sur une perche ; et il arrivera que quiconque sera mordu, et le regardera, sera guéri. Moïse donc fit un serpent d’airain, et le mit sur une perche ; et il arrivait que quand quelque serpent avait mordu un homme, il regardait le serpent d’airain, et il était guéri. » — Nombres 21:4-9, Traduction par David Martin, édition de 1744.

Quel récit tyrannique ! Privé presque totalement de son libre arbitre, le peuple se retrouve contraint et par surprise à devoir être éprouvé, souvent avec violence, et ce durant une longue période difficile, qui pour eux devait certainement leur sembler sans fin ; une période de 40 années à errer dans un désert, après avoir été esclaves plusieurs siècles en Égypte... Puis, finalement, être astreint à obtenir une terre par la force ( Exode 12:40 / Nombres 1:1-4, etc. ).
Bien que la majorité des passages violents ont volontairement été omis de ce sujet lors de sa rédaction, il peut néanmoins être bénéfique parfois, d'apprendre à porter un certain regard objectif, notamment au niveau rédactionnel de ces récits. Par exemple, avant l'une des premières croisades qui fut menée par Moïse, le texte laisse entendre que Dieu ne savait pas si le pays était bon ou mauvais, et demande nécessairement à Moïse d'envoyer des hommes pour l'explorer ( Nombres 13:1-3, 17-20 ) ; après tout, quoi de plus naturel... En effet, aucune version de la Bible ne traduit « le “bonˮ pays » ! [Comparer les Bibles]
La prédiction de la période d'esclavage en Égypte fut elle aussi rédigée comme pleinement prophétisée par Dieu, ce qui pourtant représente une contradiction manifeste, car la rédaction de ces livres n'eut lieu que bien longtemps après ; cette contradiction significative, semble également ressortir de la comparaison des périodes exprimées en Genèse 15:13 et Exode 12:40. En outre, il peut certainement s'avérer être intéressant aussi, d'apprendre qu'aucune donnée archéologique disponible sur l'ensemble des découvertes recensées à ce jour dans l'égyptologie, n'apporte la moindre preuve concrète sur ces siècles d'esclavage, de l'Exode ou de Moïse, là où pourtant les archéologues auraient dû en trouver.(1)

Ces récits empreints de tant de violence et de barbarie, et qui bien souvent les imputent gratuitement à Dieu : sont-ils vraiment dignes de foi ? Dieu, a-t-il vraiment éprouvé les humains de la sorte ? Comment ai-je pu croire par le passé, à de tels récits tout en imputant inconsciemment à Dieu, la responsabilité de tels actes ignobles sans aucune preuve véritablement tangible ? Et toi, t'es-tu déjà aussi demandé... L'acceptation intégrale de cette violence biblique que m'impose l'organisation que je fréquente, peut-elle vraiment m'aider dans ma quête sincère d'une relation pure, modeste et paisible avec mon Père céleste ? Cette violence, n'est-elle pas parfois plus épouvantable que certains films déconseillés ? Qui est vraiment dans la Bible ce serpent qui voulut tant être admiré et respecté dans ce désert ? Etc.

En complément, voir le sujet : La violence dans la Bible : Dieu a dit, Dieu a fait ?.

Le serpent dans la Bible, que représente-t-il vraiment ?

« Nahash » en hébreu « נָחָשׁ (nāḥāš) », est en général le terme utilisé dans la Bible pour désigner un serpent. Malgré l'absence totale du livre de l'Exode et d'une grande partie des autres livres du Pentateuque dans le Codex Sinaiticus(2), ceux-ci, hormis les 45 premiers chapitres du livre de la Genèse, semblent néanmoins présents dans le Codex Vaticanus(3) mais également dans le Codex Alexandrinus(4) ; et c'est ce terme « נָחָשׁ (nāḥāš) » qui se retrouve alors pour la première fois en Genèse 3:1.

En Exode 7:9-10, lorsque Moïse présenta son serpent à Pharaon, c'est le terme « תנין (ṯannîn) » qui est utilisé, ce qui traduit « crocodile ou alligator » dans l'hébreu moderne, alors qu'en Exode 4:3, ce même serpent issu du même bâton de Moïse par le même procédé divin est formulé par « נָחָשׁ (nāḥāš) ». S'agit-il de nuances de traductions issues d'autres manuscrits en l'absence de certains livres, chapitres ou versets ? C'est ce que semble révéler la suite en Exode 7:15, puisque le mot utilisé est à nouveau « נָחָשׁ (nāḥāš) ».
En ce concerne l'épisode du serpent d'airain cité plus, c'est bien le mot « נָחָשׁ (nāḥāš) » qui est utilisé, mais en Nombres 23:23 ou en Nombres 24:1, une particularité différente semble transparaître, ce même terme « נָחָשׁ (nāḥāš) » est alors utilisé pour désigner une divination ou des sortilèges.(+)

Nicodème eut foi en Jésus-Christ

L'Évangile de Jean raconte qu'une nuit, alors qu'il discutait avec Nicodème, l'un des représentants très respectés du peuple Juif à son époque, Jésus fit mention de l'épisode du serpent d'airain :

« Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi il faut que le fils de l’homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle. » — Jean 3:14-15.

Ainsi, bien loin de se comparer à ce serpent, Jésus semble avoir utilisé cet épisode pour toucher directement et sans prendre de détour le cœur de Nicodème, un homme qui de toute évidence, semblait particulièrement sensible à l'injustice ( Jean 7:50-51 ) ; ces instants particuliers passés avec le Christ, renforcèrent manifestement la foi de Nicodème ( Jean 19:39 ), lui confirmant certainement à quel point Jésus était bien le Messie annoncé : un consolateur juste, doux et compatissant, et qui fut lui-même également éprouvé par ce serpent.

À l'image du Père

Dans les Évangiles, Jésus-Christ est décrit comme étant la représentation exacte de l'image du Père ; et dans cet exemple qu'il laissât, hormis l'épisode où il mit avec une grande détermination les commerçants malhonnêtes hors du temple de Jérusalem, il n'usa d'aucune violence physique ou psychologique envers qui que ce soit ( Matthieu 21:12-14 / Jean 14:8-9 / Hébreux 1:3 ). Patient, doux et humble de cœur, Jésus invita ses disciples à imiter ses qualités divines ; sa gentillesse par exemple, comme son humilité ( Matthieu 11:27-30 / Jean 13:13-16 ).
En réalité, la Bible dit surtout que Dieu est amour et que dès le commencement, il donna le libre arbitre aux humains ( Ecclésiaste 7:29 / I. Jean 4:8 ) ; connaissant leurs cœurs et leurs pensées, il n'a donc pas besoin de les éprouver par une quelconque forme de tyrannie ou de violence pour qu'ils l'aiment ( Romains 8:26-28 ), c'est ce que confirme aussi les propos de l'apôtre Paul lorsqu'il dit :

« Mais si quelqu’un aime Dieu, celui-là est connu de lui. — » — I Corinthiens 8:3.

En conclusion, il semble à présent clair que bibliquement parlant, ni le Père ni le Seigneur Jésus-Christ n'éprouvent les humains et ne peuvent donc être assimilés ou comparés à ce serpent tyrannique dans ce désert, qui finira d'ailleurs par la suite broyé ( I. Jean 3:8b / Job 1:6 / II Rois 18:1-4 ). Quant aux propos que le Christ aurait tenus à Nicodème concernant celui-ci, ils n'ont absolument aucun rapport non plus, puisqu'ils encouragent simplement à exercer la foi dans le Seigneur, à apprendre à se détacher de la crainte de Dieu et à l'aimer de tout son cœur ( 1 Jean 4:18 / Jean 3:16 ; 17:3 ).

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Parmi certains de ses enseignements trompeurs, le collège central, le corps dirigeant de l'organisation des témoins de Jéhovah, utilise parfois des récits violents de la Bible comme un moyen de tenir leurs fidèles dans la soumission, et ce, dès le plus jeune âge ; il faut bien sûr un peu d'expérience et de recul pour s'en rendre compte, et c'est ici tout l'intérêt de ce partage préventif : [revue] La tour de garde du 15 septembre 2011, pages 28-29 § 15-16. [Afficher les citations] | En complément, voir aussi : [vidéos] Avec qui est fidèle tu te montreras fidèle (14-16 min.) ; Respectons l'autorité de Jéhovah ; [livre] Recueil d’histoires bibliques, éditions de 1980 & 2006, etc. Au sein des congrégations, les dirigeants ont également pour directive, d'excommunier toute personne qui réfuterait par exemple ouvertement, certains enseignements ou méthodes autoritaires de ce groupe d'hommes. Ainsi, la violence biblique est exaltée et la liberté d'expression propre à l'individu, qui est pourtant aussi un droit légitime reconnu, est alors réduite à une forme stricte d'obéissance protocolaire et d'anesthésie de l'esprit critique : [livre] Prenez soin du troupeau de Dieu (ou Livre des anciens), édition de février 2019 et antérieures, etc. | En complément, voir le sujet : La radicalisation des témoins de Jéhovah, quand cessera-t-elle ?.
(1) Sources Wikipédia : Données archéologiques sur l'Exode et Moïse ; (2) : Codex Sinaiticus ; (3) : Codex Vaticanus ; (4) : Codex Alexandrinus. | Codex en ligne : Codex Sinaiticus ; Codex Vaticanus ; Codex Alexandrinus.
(+) Pour comparer les textes, il est possible d'utiliser une Bible polyglotte ou interlinéaire.



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Le 06 décembre 2021, 19:22
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