La sainte Bible

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Traduction selon la Vulgate dite Bible de Gustave Doré, édition de 1866, libre de droits.

n°17 / Esther 1 :

Superbe festin que fait le roi Assuérus. Il envoie chercher la reine Vasthi. Elle refuse de venir, et il la répudie.
1Au temps d’Assuérus, qui régna depuis les Indes jusqu’à l’Éthiopie, sur cent vingt-sept provinces,2A l’époque où il s’assit sur le trône, Suse était la capitale de son royaume.3La troisième année de son règne il fit un grand festin à tous les princes de sa cour, à tous ses ministres, aux plus braves d’entre les Perses, aux premiers d’entre les Mèdes, et aux gouverneurs des provinces, et il y assista4Pour faire éclater la gloire et les richesses de son empire, et pour montrer la grandeur de sa puissance. Ce festin dura longtemps, savoir, cent quatre-vingts jours.5Et lorsque les jours de ce festin allaient se terminer, le roi invita tout le peuple qui se trouva à Suse, depuis le plus grand jusqu’au plus petit. Il ordonna de préparer un festin pour sept jours, dans le vestibule de son jardin et d’un bois digne de la magnificence royale, qui avait été planté de la main des rois.6On avait tendu de tous côtés des tapisseries de fin lin, de couleur céleste et d’hyacinthe, soutenues par des cordons de fin lin teints en écarlate, qui étaient passés dans des anneaux d’ivoire et attachés à des colonnes de marbre. Des lits d’or et d’argent étaient rangés en ordre sur un pavé de porphyre et de marbre blanc embelli de figures, avec une admirable variété.7Les conviés buvaient dans des vases d’or, et les mets étaient servis dans des bassins tous différents les uns des autres. On y versait du vin excellent, et en abondance, comme il était digne de la magnificence royale.8Nul ne contraignait à boire ceux qui ne le voulaient pas ; mais le roi avait ordonné qu’un des grands de sa cour fut assis à chaque table, afin que chacun prit ce qui lui plairait.9La reine Vasthi donna aussi un festin aux femmes, dans le palais où le roi Assuérus avait coutume de demeurer.10Le septième jour, lorsque le roi fut plus gai, et excité par la chaleur du vin qu’il avait bu avec excès, il commanda à Maümam, Bazatha, Harbona, Bagatha, Abgatha, Zêthar et Charchas, les sept eunuques qui servaient le roi Assuérus,11De faire paraître devant le roi la reine Vasthi avec le diadème en tête, pour montrer sa beauté à tous ses peuples et aux princes de sa cour : elle était, en effet, très-belle.12Mais elle refusa d’obéir, et dédaigna de venir à l’ordre du roi, qui lui avait été porté par les eunuques. Assuérus, irrité et transporté de fureur,13Consulta les sages qui étaient toujours près de lui, selon la coutume des rois, et par le conseil desquels il faisait toutes choses, parce qu’ils savaient les lois et les ordonnances anciennes.14Parmi eux, les premiers et les plus proches du roi, étaient : Charsena, Sêthar, Admatha, Tharsis, Marès, Marsana et Mamuchan, les sept principaux chefs des Perses et des Mèdes, qui voyaient toujours le visage du roi, et avaient coutume de s’asseoir les premiers après lui.15Le roi leur demanda quelle peine méritait la reine Vasthi, qui n’avait point obéi au commandement que le roi lui avait fait porter par ses eunuques.16Mamuchan répondit, en présence du roi et des grands : La reine Vasthi n’a pas seulement offensé le roi, mais encore tous les peuples et tous les princes qui sont dans toutes les provinces du roi Assuérus.17Car cette conduite de la reine sera connue de toutes les femmes, et leur apprendra à mépriser leurs maris, et à dire : Le roi Assuérus a commandé à la reine Vasthi de se présenter devant lui, et elle a refusé ;18Et, à son exemple, les femmes des princes des Perses et des Mèdes mépriseront les commandements de leurs maris. Ainsi la colère du roi est juste.19Si cela vous plaît, qu’un édit paraisse en votre nom, et qu’il soit écrit, selon la loi des Perses et des Mèdes, qu’il n’est pas permis de violer, que la reine Vasthi ne se présentera plus devant le roi ; mais qu’une autre, plus digne qu’elle, prendra sa couronne ;20Et que cet édit soit publié dans toute l’étendue des provinces de votre empire, afin que toutes les femmes, tant des grands que des petits, rendent honneur à leurs maris.21Le conseil de Mamuchan plut au roi et aux grands ; et, pour exécuter ce qu’il lui avait conseillé,22Il envoya des lettres à toutes les provinces de son royaume, en diverses langues, selon qu’elles pouvaient être lues et entendues par les peuples différents de son royaume, afin que les maris eussent tout pouvoir et toute autorité, chacun dans sa maison, et que cet édit fût publié parmi tous les peuples.