La sainte Bible

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Traduction revue par Jean-Frédéric Ostervald, édition de 1823, libre de droits.

n°41 / Évangile de notre Seigneur Jésus-Christ selon Saint Marc. 12 :

1Jésus se mit ensuite à leur parler en paraboles : Un homme, dit-il, planta une vigne, il l’environna d’une haie, et y fit un creux pour un pressoir ; il y bâtit une tour, et il la loua à des vignerons, et s’en alla.2Et dans la saison il envoya un de ses serviteurs vers les vignerons, afin de recevoir d’eux du fruit de la vigne.3Mais l’ayant pris, ils le battirent, et le renvoyèrent à vide.4Il leur envoya encore un autre serviteur ; mais ils lui jetèrent des pierres, et lui meurtrirent toute la tête, et le renvoyèrent, après l’avoir traité outrageusement.5Et il en envoya encore un autre qu’ils tuèrent ; et plusieurs autres, dont ils battirent les uns et tuèrent les autres.6Enfin, ayant un fils qu’il chérissait, il le leur envoya encore le dernier, disant : Ils auront du respect pour mon fils.7Mais ces vignerons dirent entre eux : C’est ici l’héritier ; venez, tuons-le, et l’héritage sera à nous..8Et le prenant, ils le tuèrent, et le jetèrent hors de la vigne.9Que fera donc le maître de la vigne ? Il viendra et fera périr ces vignerons, et il donnera la vigne à d’autres.10Et n’avez-vous point lu cette parole de l’Écriture : La pierre que ceux qui bâtissaient ont rejetée, est devenue la principale pierre de l’angle ;11Cela a été fait par le Seigneur, et c’est une chose merveilleuse devant nos yeux ?12Alors ils tâchèrent de le saisir ; car ils connurent bien qu’il avait dit cette similitude contre eux ; mais ils craignirent le peuple ; c’est pourquoi le laissant, ils s’en allèrent.13Ensuite ils lui envoyèrent quelques-uns des Pharisiens et des Hérodiens, pour le surprendre dans ses discours.14Étant donc venus vers lui, ils lui dirent : Maître, nous savons que tu es sincère, et que tu n’as égard à qui que ce soit ; car tu ne regardes point à l’apparence des hommes, mais tu enseignes la voie de Dieu selon la vérité. Est-il permis de payer le tribut à César, ou non ? Le payerons-nous, ou ne le payerons-nous pas ?15Mais lui, connaissant leur hypocrisie, leur dit : Pourquoi me tentez-vous ? Apportez-moi un denier, que je le voie.16Et ils lui en apportèrent un. Alors il leur dit : De qui est cette image et cette inscription ? Ils lui dirent : De César.17Et Jésus leur répondit : Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. Et ils furent remplis d’admiration pour lui.18Ensuite les Sadducéens, qui disent qu’il n’y a point de résurrection, le vinrent trouver, et lui firent cette question :19Maître, Moïse nous a laissé par écrit, que si le frère de quelqu’un meurt, et laisse sa femme sans enfans, son frère épousera sa veuve, pour susciter lignée à son frère.20Or, il y avait sept frères, dont le premier ayant épousé une femme, mourut et ne laissa point d’enfans.21Le second l’épousa aussi, et mourut, et ne laissa point non plus d’enfans ; et le troisième de même.22Tous les sept l’ont épousée, sans avoir laissé d’enfans. La femme mourut aussi la dernière de tous.23Duquel d’eux sera-t-elle donc femme quand ils ressusciteront ? car tous les sept l’ont eue pour femme.24Et Jésus, répondant, leur dit : N’êtes-vous pas dans l’erreur, parce que vous n’entendez pas les Écritures, ni quelle est la puissance de Dieu ?25Car quand on ressuscitera, ni les hommes ne prendront point de femmes, ni les femmes de maris ; mais ils seront comme les anges qui sont dans le ciel.26Et à l’égard des morts, pour montrer qu’ils doivent ressusciter, n’avez-vous point lu dans le livre de Moïse, comment Dieu lui parla dans le buisson, en disant : Je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob ?27Dieu n’est point le Dieu des morts ; mais il est le Dieu des vivans. Vous êtes donc dans une grande erreur.28Alors un des Scribes qui les avait ouïs disputer ensemble, voyant qu’il leur avait bien répondu, s’approcha et lui demanda : Quel est le premier de tous les commandemens ?29Jésus lui répondit : Le premier de tous les commandemens est celui-ci : Écoute, Israël, le Seigneur notre Dieu est le seul Seigneur ;30Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force. C’est là le premier commandement.31Et voici le second qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a point d’autre commandement plus grand que ceux-ci.32Et le Scribe lui répondit : Maître, tu as bien dit, et selon la vérité, qu’il n’y a qu’un seul Dieu, et qu’il n’y en a point d’autre que lui,33Et que l’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute son âme, et de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, c’est plus que tous les holocaustes et que tous les sacrifices.34Jésus voyant qu’il avait répondu en homme intelligent, lui dit : Tu n’es pas éloigné du royaume de Dieu. Et personne n’osait plus l’interroger.35Et comme Jésus enseignait dans le temple, il leur dit : Comment les Scribes disent-ils que le Christ est fils de David ?36Car David lui-même a dit par le Saint-Esprit : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que j’aie mis tes ennemis pour te servir de marchepied.37Puis donc que David lui-même l’appelle son Seigneur, comment est-il son fils ? Et une grande multitude qui était là prenait plaisir à l’écouter.38Il leur disait aussi, en les enseignant : Gardez-vous des Scribes qui aiment à se promener en robes longues, et à être salués dans les places publiques ;39Et qui aiment les premiers siéges dans les synagogues, et les premières places dans les festins ;40Qui dévorent les maisons des veuves, et cela en affectant de faire de longues prières ; ils en recevront une plus grande condamnation.41Et Jésus, étant assis vis-à-vis du tronc, regardait comment le peuple mettait de l’argent dans le tronc.42Et plusieurs personnes riches y mettaient beaucoup ; et une pauvre veuve vint, qui y mit deux petites pièces, qui font un quadrin.43Alors, ayant appelé ses disciples, il leur dit : Je vous dis en vérité, que cette pauvre veuve a plus mis au tronc que tous ceux qui y ont mis.44Car tous les autres y ont mis de leur superflu ; mais celle-ci y a mis de son indigence tout ce qu’elle avait, tout ce qui lui restait pour vivre.