La sainte Bible

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Traduction par Louis Segond & Hugues Oltramare, édition de 1874, libre de droits.

n°41 / Évangile selon saint Marc 7 :

1Les pharisiens et quelques scribes venus de Jérusalem s’assemblèrent près de Jésus :2ils avaient vu quelques-uns de ses disciples prendre leurs repas avec des mains souillées, c’est-à-dire, qui n’avaient pas été lavées.3En effet, les pharisiens et tous les juifs ne mangent pas, sans s’être soigneusement lavé les mains, observant strictement en cela la tradition des anciens.4Ils ne mangent point au retour du marché, sans s’être plongés dans l’eau ; et ils pratiquent encore beaucoup d’autres observances traditionnelles : le lavage des coupes, des brocs, des ustensiles d’airain et des lits.5Les pharisiens donc et les scribes firent à Jésus cette question : « Pourquoi tes disciples ne se conforment-ils pas à la tradition des anciens, mais prennent-ils leurs repas avec des mains souillées ? »6Il leur répondit : « Ésaïe a bien prophétisé sur votre compte, hypocrites que vous êtes, ainsi qu’il est écrit : « Ce peuple m’honore des lèvres mais son cœur est fort éloigné de moi.7C’est vainement qu’il m’honore en donnant des préceptes qui ne sont que des commandements d’hommes. »8Vous abandonnez le commandement de Dieu, pour vous attacher à la tradition des hommes, au lavage des brocs et des coupes, et vous faites beaucoup d’autres choses semblables et toutes pareilles. »9Et il ajouta : « Vous vous entendez merveilleusement à mettre à néant le commandement de Dieu pour garder votre tradition.10Par exemple. Moïse a dit : « Honore ton père et ta mère, » et : « Que celui qui maudit père ou mère soit mis et mort ; »11mais vous, vous dites : « Si un homme dit à son père ou à sa mère, « ce dont je pourrais vous assister est Corban (c’est-à-dire, un don consacré), »12eh bien ! vous ne le laissez plus rien faire pour son père ni pour sa mère,13annulant ainsi le commandement de Dieu par la tradition que vous enseignez. Et vous faites beaucoup de choses semblables et toutes pareilles. »14Puis, ayant rappelé le peuple, il lui dit : « Écoutez-moi tous, et comprenez :15Rien de ce qui est hors de l’homme et qui entre dans l’homme, ne peut le souiller ; mais ce qui sort de l’homme, voilà ce qui le souille. »16[Note : Si quelqu’un a des oreilles pour entendre, qu’il entende. »]17Lorsqu’il fut rentré chez lui, et qu’il se trouva loin de la foule, ses disciples lui demandèrent le sens de cette sentence,18et il leur dit : « Vous aussi, vous êtes donc sans intelligence ? Vous ne comprenez pas que tout ce qui de dehors entre dans l’homme ne peut le souiller,19parce que cela n’entre pas dans son cœur, mais dans son ventre, et s’en va aux lieux qui purifient tous les aliments. »20Et il ajouta : « Ce qui sort de l’homme, voilà ce qui souille l’homme ;21car c’est du dedans, du cœur des hommes, que sortent les mauvaises pensées, le libertinage,22les vols, les meurtres, les adultères, la rapacité, la malhonnêteté, la fourberie, le dérèglement, le regard envieux, la calomnie, l’orgueil, la déraison :23toutes ces mauvaises choses-là sortent de dedans, et souillent l’homme. »24Jésus, étant parti de là, se rendit aux confins de Tyr. Il entra dans une maison et aurait voulu qu’on ne le sût point, mais il ne put rester ignoré.25Une femme, dont la fille était possédée d’un esprit impur, eut à peine entendu parler de lui, qu’elle vint se jeter à ses pieds.26Cette femme était grecque, syro-phénicienne d’origine, et elle le pria de délivrer sa fille du démon.27Jésus lui dit : « Laisse d’abord les enfants se rassasier ; car il n’est pas bien de prendre le pain des enfants pour le jeter aux petits chiens. »28Elle lui repartit : « Sans doute, Seigneur, puisque les petits chiens mangent, sous la table, les miettes des petits enfants. » —29« A cause de cette parole, lui dit Jésus, va, le démon est sorti de ta fille. »30A son retour chez elle, cette femme trouva l’enfant couchée sur le lit, et le démon parti.31Ayant quitté les confins de Tyr, il revint par Sidon vers la mer de Galilée, en traversant le pays de la Décapole.32On lui amena un sourd-muet, et on le pria de lui imposer les mains.33Jésus, l’ayant emmené loin de la foule, à l’écart, lui mit les doigts dans les oreilles, et de la salive sur la langue,34puis, levant les yeux au ciel, il soupira, et lui dit : « Ephphata, » c’est-à-dire, ouvre-toi.35Et les oreilles de cet homme s’ouvrirent, sa langue se délia, et il parla distinctement.36Jésus recommanda à ceux qui avaient vu cette guérison de n’en parler à personne, mais plus il le leur recommandait, plus ils la publiaient.37Ils étaient frappés d’étonnement au delà de toute idée, et disaient : « C’est merveilleux, tout ce qu’il a fait ! Il fait entendre les sourds et parler les muets. »