La sainte Bible

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Traduction par Louis Segond & Hugues Oltramare, édition de 1874, libre de droits.

n°41 / Évangile selon saint Marc 5 :

1Ils abordèrent à l’autre rive de la mer, dans le pays des Gadaréniens.2A peine Jésus fut-il sorti de la barque, qu’un homme possédé d’un esprit impur vint au devant de lui.3Il sortait des sépulcres, dont il avait fait sa demeure. Personne ne pouvait plus le tenir attaché, même avec une chaîne ;4car on l’avait souvent chargé de liens aux pieds, et de chaînes, et il avait brisé les chaînes, rompu les liens, de sorte que personne ne pouvait en être maître.5Il ne cessait, nuit et jour, dans les sépulcres et sur les montagnes, de pousser des cris et de se meurtrir avec des pierres.6Il courut vers Jésus, d’aussi loin qu’il l’aperçut, se prosterna devant lui,7et, ayant poussé un cri, il dit d’une voix forte : « Qu’y a-t-il entre toi et moi, Jésus. Fils du Dieu Très-Haut ? Je t’en conjure, au nom de Dieu, ne me tourmente pas. »8Jésus, en effet, lui avait dit : « Esprit impur, sors de cet homme. »9— Quel est ton nom ? lui demanda Jésus. Le démoniaque lui dit : « Mon nom est Légion, car nous sommes nombreux : »10et il le priait instamment de ne pas les envoyer hors du pays.11Or il y avait là, vers la montagne, un grand troupeau de pourceaux qui paissaient,12et les démons lui adressèrent cette prière : « Envoie-nous dans ces pourceaux, afin que nous y entrions. »13Jésus le leur permit aussitôt. Et les esprits impurs étant sortis, entrèrent dans les pourceaux ; et le troupeau, au nombre d’environ deux mille pourceaux, se rua du haut du précipice dans la mer, et s’y noya.14Ceux qui les gardaient s’enfuirent, et répandirent la nouvelle dans la ville et dans la campagne.15Beaucoup de gens allèrent voir ce qui était arrivé ; ils vinrent vers Jésus, et virent le démoniaque, le même qui avait eu la légion, assis, vêtu et dans son bon sens ; ce qui les remplit de frayeur.16Lorsque les témoins de ce fait leur eurent raconté comment les choses s’étaient passées pour le démoniaque, et ce qui concernait les pourceaux,17ils se mirent à supplier Jésus de s’éloigner de leur pays.18Comme Jésus entrait dans la barque, le démoniaque lui demanda la permission de rester avec lui.19Et Jésus ne le lui permit pas, mais il lui dit : « Va-t’en chez toi, vers les tiens, et rapporte-leur tout ce que le Seigneur a fait pour toi, et comme il a eu compassion de toi. »20Il s’en alla et se mit à publier dans la Décapole tout ce que Jésus avait fait pour lui ; et tout le monde en était étonné.21Quand Jésus eut regagné l’autre rive, dans la barque, une grande foule s’assembla près de lui. Il était au bord de la mer.22Alors vint un des chefs de la synagogue, nommé Jaïrus, qui, en le voyant, se jeta à ses pieds23et lui adressa cette instante prière : « Ma fille est à toute extrémité ; viens lui imposer les mains, afin qu’elle soit guérie et qu’elle vive ; »24Jésus partit avec lui, et une grande foule le suivait et le pressait.25Une femme malade d’une hémorragie depuis douze ans,26qui avait beaucoup souffert entre les mains de plusieurs médecins, et qui, après avoir dépensé tout son bien, n’avait point été soulagée, mais avait vu plutôt son mal empirer,27ayant entendu parler de Jésus, vint se mêler à la foule et toucha par derrière son manteau ;28car elle se disait : « Si je puis seulement toucher ses vêtements, je serai guérie. »29Au même instant sa perte s’arrêta, et elle sentit dans son corps qu’elle était guérie de son infirmité.30A l’instant aussi Jésus sentit intérieurement qu’une vertu était sortie de lui, et, se retournant au milieu de la foule, il dit : « Qui est-ce qui a touché mes vêtements ? »31Ses disciples lui dirent : « Tu vois que la foule te presse, et tu demandes qui t’a touché ! »32Et Jésus regardait tout autour de lui, pour voir celle qui l’avait touché.33La femme effrayée et tremblante, sachant ce qui s’était passé en elle, vint se jeter à ses pieds, et lui dit toute la vérité.34Jésus lui dit : « Ma fille, ta foi t’a guérie ; va en paix, et sois délivrée de ton infirmité. »35Il parlait encore, lorsqu’on vint dire an chef de la synagogue : « Ta fille est morte ; pourquoi fatiguer encore le maître ? »36Mais Jésus, sans s’arrêter à cette parole, dit tout de suite au chef de la synagogue : « Ne crains point, crois seulement. »37Et il ne permit à personne de l’accompagner, si ce n’est à Pierre, à Jacques et à Jean, frère de Jacques.38Quand ils furent arrivés à la maison du chef de la synagogue, Jésus entendit un grand bruit, des gens qui pleuraient et criaient beaucoup ;39et, étant entré, il leur dit : « Pourquoi faites-vous ce bruit et pleurez-vous ? L’enfant n’est pas morte, mais elle dort. »40Et ils se moquèrent de lui. Mais, ayant fait sortir tout le monde, il prit avec lui le père de l’enfant, la mère et les disciples qui l’accompagnaient, et entra dans la chambre où était l’enfant ;41puis, la saisissant par la main, il lui dit : « Talitha Koumi ; » ce qui signifie : Jeune fille, je te le commande, lève-toi.42A l’instant la jeune fille se leva, et se mit à marcher, car elle avait douze ans ; et les assistants furent dans un ravissement extrême.43Jésus leur enjoignit expressément de n’en parler à personne ; et il dit qu’on donnât à manger à l’enfant.