La sainte Bible

De à
Préférences d'affichage Affichage des versets par :

Style d'écriture : Taille du texte :
Couleurs :


Traduction par Louis-Issac Lemaistre de Saci, édition de 1855, libre de droits.

n°40 / Évangile de saint Matthieu. 27 :

1LE matin étant venu, tous les princes des prêtres et les sénateurs du peuple juif, tinrent conseil contre Jésus pour le faire mourir.2Et l’ayant lié, ils l’emmenèrent, et le mirent entre les mains de Ponce Pilate, leur gouverneur.3Cependant Judas qui l’avait livré, voyant qu’il était condamné, se repentit de ce qu’il avait fait ; et reportant les trente pièces d’argent aux princes des prêtres et aux sénateurs,4il leur dit : J’ai péché en livrant le sang innocent. Ils lui répondirent : Que nous importe ? c’est votre affaire.5Alors il jeta cet argent dans le temple, et s’étant retiré, il alla se pendre.6Mais les princes des prêtres ayant pris l’argent, dirent : Il ne nous est pas permis de le mettre dans le trésor, parce que c’est le prix du sang.7Et ayant délibéré là-dessus, ils en achetèrent le champ d’un potier, pour la sépulture des étrangers.8C’est pour cela que ce champ est appelé encore aujourd’hui Haceldama, c’est-à-dire, le champ du sang.9Ainsi fut accomplie cette parole du prophète Jérémie : Ils ont reçu les trente pièces d’argent, qui étaient le prix de celui qui avait été mis à prix, et dont ils avaient fait le marché avec les enfants d’Israël ;10et ils les ont données pour en acheter le champ d’un potier, comme le Seigneur me l’a ordonné.11Or Jésus fut présenté devant le gouverneur ; et le gouverneur l’interrogea en ces termes : Êtes-vous le Roi des Juifs ? Jésus lui répondit : Vous le dites.12Et étant accusé par les princes des prêtres et les sénateurs, il ne répondit rien.13Alors Pilate lui dit : N’entendez-vous pas de combien de choses ces personnes vous accusent ?14Mais il ne répondit rien à tout ce qu’il put lui dire ; de sorte que le gouverneur en était tout étonné.15Or le gouverneur avait accoutumé au jour de la fête de Pâque, de délivrer celui des prisonniers que le peuple lui demandait ;16et il y en avait alors un insigne, nommé Barabbas.17Lorsqu’ils étaient donc tous assemblés, Pilate leur dit : Lequel voulez-vous que je vous délivre, de Barabbas, ou de Jésus, qui est appelé Christ ?18Car il savait bien que c’était par envie qu’on l’avait livré entre ses mains.19Cependant, lorsqu’il était assis dans son siège de justice, sa femme lui envoya dire : Ne vous embarrassez point dans l’affaire de ce juste : car j’ai été aujourd’hui étrangement tourmentée dans un songe à cause de lui.20Mais les princes des prêtres et les sénateurs persuadèrent au peuple de demander Barabbas, et de faire périr Jésus.21Le gouverneur leur ayant donc dit, Lequel des deux voulez-vous que je vous délivre ? ils lui répondirent : Barabbas.22Pilate leur dit : Que ferai-je donc de Jésus, qui est appelé Christ ?23Ils répondirent tous : Qu’il soit crucifié. Le gouverneur leur dit : Mais quel mal a-t-il fait ? Et ils se mirent à crier encore plus fort, en disant : Qu’il soit crucifié.24Pilate voyant qu’il n’y gagnait rien, mais que le tumulte s’excitait toujours de plus en plus, se fit apporter de l’eau, et se lavant les mains devant le peuple, il leur dit : Je suis innocent du sang de ce juste : ce sera à vous à en répondre.25Et tout le peuple lui répondit : Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants.26Alors il leur délivra Barabbas ; et ayant fait fouetter Jésus, il le remit entre leurs mains pour être crucifié.27Les soldats du gouverneur menèrent ensuite Jésus dans le prétoire ; et là ayant assemblé autour de lui toute la cohorte,28ils lui ôtèrent ses habits, et le revêtirent d’un manteau d’écarlate ;29puis ayant fait une couronne d’épines entrelacées, ils la lui mirent sur la tête, avec un roseau dans la main droite : et se mettant à genoux devant lui, ils se moquaient de lui, en disant : Salut au Roi des Juifs !30Et lui crachant au visage, ils prenaient le roseau qu’il tenait, et lui en frappaient la tête.31Après s’être ainsi joués de lui, ils lui ôtèrent ce manteau d’écarlate ; et lui ayant remis ses habits, ils l’emmenèrent pour le crucifier.32Lorsqu’ils sortaient, ils rencontrèrent un homme de Cyrène, nommé Simon, qu’ils contraignirent de porter la croix de Jésus.33Et étant arrivés au lieu appelé Golgotha, c’est-à-dire, le lieu du Calvaire,34ils lui donnèrent à boire du vin mêlé de fiel ; mais en ayant goûté, il ne voulut point en boire.35Après qu’ils l’eurent crucifié, ils partagèrent entre eux ses vêtements, les jetant au sort : afin que cette parole du prophète fût accomplie : Ils ont partagé entre eux mes vêtements, et ont jeté ma robe au sort.36Et s’étant assis, ils le gardaient.37Ils mirent aussi au-dessus de sa tête le sujet de sa condamnation, écrit en ces termes : C’est JÉSUS, LE ROI DES JUIFS.38En même temps on crucifia avec lui deux voleurs, l’un à sa droite et l’autre à sa gauche.39Et ceux qui passaient par là le blasphémaient en branlant la tête,40et lui disant : Toi qui détruis le temple de Dieu, et qui le rebâtis en trois jours, que ne te sauves-tu toi-même ? Si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix.41Les princes des prêtres se moquaient aussi de lui, avec les scribes et les sénateurs, en disant :42Il a sauvé les autres, et il ne peut se sauver lui-même. S’il est le Roi d’Israël, qu’il descende présentement de la croix, et nous croirons en lui.43Il met sa confiance en Dieu ; si donc Dieu l’aime, qu’il le délivre maintenant, puisqu’il a dit : Je suis le Fils de Dieu.44Les voleurs qui étaient crucifiés avec lui, lui faisaient aussi les mêmes reproches.45Or, depuis la sixième heure du jour jusqu’à la neuvième, toute la terre fut couverte de ténèbres.46Et sur la neuvième heure Jésus jeta un grand cri, en disant : Éli ! Éli ! lamma sabacthani ? c’est-à-dire, Mon Dieu ! mon Dieu ! pourquoi m’avez-vous abandonné ?47Quelques-uns de ceux qui étaient présents, l’ayant entendu crier de la sorte, disaient : Il appelle Élie.48Et aussitôt l’un d’eux courut emplir une éponge de vinaigre ; et l’ayant mise au bout d’un roseau, il lui présenta à boire.49Les autres disaient : Attendez, voyons si Élie viendra le délivrer.50Mais Jésus jetant encore un grand cri, rendit l’esprit.51En même temps le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas ; la terre trembla ; les pierres se fendirent ;52les sépulcres s’ouvrirent ; et plusieurs corps des saints, qui étaient dans le sommeil de la mort, ressuscitèrent ;53et sortant de leurs tombeaux après sa résurrection, ils vinrent en la ville sainte, et furent vus de plusieurs personnes.54Le centenier, et ceux qui étaient avec lui pour garder Jésus, ayant vu le tremblement de terre, et tout ce qui se passait, furent saisis d’une extrême crainte, et dirent : Cet homme était vraiment Fils de Dieu.55Il y avait là aussi plusieurs femmes qui se tenaient éloignées, et qui avaient suivi Jésus depuis la Galilée, ayant soin de l’assister ;56entre lesquelles étaient Marie-Magdeleine, Marie, mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée.57Sur le soir, un homme riche, de la ville d’Arimathie, nommé Joseph, qui était aussi disciple de Jésus,58vint trouver Pilate, et lui ayant demandé le corps de Jésus, Pilate commanda qu’on le lui donnât.59Joseph ayant donc pris le corps, l’enveloppa dans un linceul blanc,60le mit dans son sépulcre, qui n’avait point encore servi, et qu’il avait fait tailler dans le roc ; et après avoir roulé une grande pierre jusqu’à l’entrée du sépulcre, il se retira.61Marie-Magdeleine et l’autre Marie étaient là, se tenant assises auprès du sépulcre.62Le lendemain, qui était le jour d’après celui qui est appelé la préparation du sabbat, les princes des prêtres et les pharisiens s’étant assemblés, vinrent trouver Pilate,63et lui dirent : Seigneur, nous nous sommes souvenus que cet imposteur a dit, lorsqu’il était encore en vie : Je ressusciterai trois jours après ma mort.64Commandez donc que le sépulcre soit gardé jusqu’au troisième jour, de peur que ses disciples ne viennent dérober son corps, et ne disent au peuple : Il est ressuscité d’entre les morts. Et ainsi la dernière erreur serait pire que la première.65Pilate leur dit : Vous avez des gardes : allez, faites-le garder comme vous l’entendrez.66Ils s’en allèrent donc, et pour s’assurer du sépulcre, ils en scellèrent la pierre, et y mirent des gardes.