La sainte Bible

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Traduction par Louis-Issac Lemaistre de Saci, édition de 1855, libre de droits.

n°40 / Évangile de saint Matthieu. 14 :

1EN ce temps-là Hérode le tétrarque apprit ce qui se publiait de Jésus ;2et il dit à ses officiers : C’est Jean-Baptiste qui est ressuscité d’entre les morts ; et c’est pour cela qu’il se fait par lui tant de miracles.3Car Hérode ayant fait prendre Jean, l’avait fait lier et mettre en prison, à cause d’Hérodiade, femme de son frère Philippe ;4parce que Jean lui disait : Il ne vous est point permis d’avoir cette femme.5Hérode voulait donc le faire mourir ; mais il appréhendait le peuple, parce que Jean en était regardé comme un prophète.6Mais comme Hérode célébrait le jour de sa naissance, la fille d’Hérodiade dansa devant tous les conviés ; et elle plut de telle sorte à Hérode,7qu’il lui promit avec serment de lui donner tout ce qu’elle lui demanderait.8Cette fille ayant donc été instruite auparavant par sa mère, lui dit : Donnez-moi présentement dans un bassin la tête de Jean-Baptiste.9Le roi ressentit de la tristesse de cette demande : néanmoins à cause du serment qu’il avait fait, et de ceux qui étaient à table avec lui, il commanda qu’on la lui donnât.10Il envoya en même temps couper la tête à Jean dans la prison.11Et sa tête fut apportée dans un bassin et donnée à cette fille, qui la porta à sa mère.12Après cela ses disciples vinrent prendre son corps et l’ensevelirent ; et ils allèrent le dire à Jésus.13Jésus ayant donc appris ce qu’Hérode disait de lui, partit de là dans une barque, pour se retirer à l’écart dans un lieu désert ; et le peuple l’ayant su, le suivit à pied de diverses villes.14Lorsqu’il sortait de la barque, ayant vu une grande multitude de personnes, il en eut compassion, et il guérit leurs malades.15Le soir étant venu, ses disciples vinrent lui dire : Ce lieu-ci est désert, et il est déjà bien tard ; renvoyez le peuple, afin qu’ils s’en aillent dans les villages acheter de quoi manger.16Mais Jésus leur dit : Il n’est pas nécessaire qu’ils y aillent : donnez-leur vous-mêmes à manger.17Ils lui répondirent : Nous n’avons ici que cinq pains et deux poissons.18Apportez-les-moi ici, leur dit-il.19Et après avoir commandé au peuple de s’asseoir sur l’herbe, il prit les cinq pains et les deux poissons ; et levant les yeux au ciel, il les bénit ; puis rompant les pains, il les donna à ses disciples, et les disciples les distribuèrent au peuple.20Ils en mangèrent tous, et furent rassasiés ; et on emporta douze paniers pleins des morceaux qui étaient restés.21Or ceux qui mangèrent étaient au nombre de cinq mille hommes, sans compter les femmes et les petits enfants.22Aussitôt Jésus obligea ses disciples de monter dans la barque, et de passer à l’autre bord avant lui, pendant qu’il renverrait le peuple.23Après l’avoir renvoyé, il monta seul sur une montagne pour prier ; et le soir étant venu, il se trouva seul en ce lieu-là.24Cependant la barque était fort battue des flots au milieu de la mer, parce que le vent était contraire.25Mais à la quatrième veille de la nuit, Jésus vint à eux, marchant sur la mer.26Lorsqu’ils le virent marcher ainsi sur la mer, ils furent troublés, et ils disaient : C’est un fantôme. Et ils s’écrièrent de frayeur.27Aussitôt Jésus leur parla, et leur dit : Rassurez-vous ; c’est moi, ne craignez point.28Pierre lui répondit : Seigneur ! si c’est vous, commandez que j’aille à vous en marchant sur les eaux.29Jésus lui dit : Venez. Et Pierre descendant de la barque, marchait sur l’eau pour aller à Jésus.30Mais voyant un grand vent, il eut peur ; et commençant à enfoncer, il s’écria : Seigneur ! sauvez-moi.31Aussitôt Jésus lui tendant la main, le prit, et lui dit : Homme de peu de foi, pourquoi avez-vous douté ?32Et étant montés dans la barque, le vent cessa.33Alors ceux qui étaient dans cette barque s’approchant de lui, l’adorèrent, en lui disant : Vous êtes vraiment Fils de Dieu.34Ayant passé l’eau, ils vinrent au territoire de Génésar.35Les hommes de ce lieu-là l’ayant connu, ils envoyèrent dans tout le pays d’alentour, et lui présentèrent tous les malades ;36le priant qu’il leur permît seulement de toucher la frange qui était au bas de son vêtement : et tous ceux qui la touchèrent, furent guéris.