La sainte Bible

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Traduction par Louis-Issac Lemaistre de Saci, édition de 1855, libre de droits.

n°42 / Évangile de saint Luc. 15 :

1LES publicains et les gens de mauvaise vie se tenant auprès de Jésus pour l’écouter,
2les pharisiens et les scribes en murmuraient, et disaient : Voyez comme cet homme reçoit les gens de mauvaise vie, et mange avec eux.
3Alors Jésus leur proposa cette parabole :
4Qui est l’homme d’entre vous, qui ayant cent brebis, et en ayant perdu une, ne laisse les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert, pour s’en aller après celle qui s’est perdue, jusqu’à ce qu’il la trouve ?
5et lorsqu’il l’a trouvée, il la met sur ses épaules avec joie ;
6et étant retourné en sa maison, il appelle ses amis et ses voisins, et leur dit : Réjouissez-vous avec moi, parce que j’ai trouvé ma brebis qui était perdue.
7Je vous dis, qu’il y aura de même plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui fait pénitence, que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de pénitence.
8Ou, qui est la femme qui ayant dix drachmes, et en ayant perdue une, n’allume la lampe, et balayant la maison, ne la cherche avec grand soin, jusqu’à ce qu’elle la trouve ?
9et après l’avoir trouvée, elle appelle ses amies et ses voisines, et leur dit : Réjouissez-vous avec moi, parce que j’ai trouvé la drachme que j’avais perdue.
10De même, vous dis-je, c’est une joie parmi les anges de Dieu, lorsqu’un seul pécheur fait pénitence.
11Il leur dit encore : Un homme avait deux fils,
12dont le plus jeune dit à son père : Mon père, donnez-moi ce qui doit me revenir de votre bien. Et le père leur fit le partage de son bien.
13Peu de jours après, le plus jeune de ces deux enfants ayant amassé tout ce qu’il avait, s’en alla dans un pays étranger fort éloigné, où il dissipa tout son bien en excès et en débauches.
14Après qu’il eut tout dépensé, il survint une grande famine en ce pays-là, et il commença à tomber en nécessité.
15Il s’en alla donc, et s’attacha au service d’un des habitants du pays, qui l’envoya en sa maison des champs, pour y garder les pourceaux.
16Et là il eût été bien aise de remplir son ventre des écosses que les pourceaux mangeaient ; mais personne ne lui en donnait.
17Enfin, étant rentré en lui-même, il dit : Combien y a-t-il chez mon père de serviteurs à gages, qui ont plus de pain qu’il ne leur en faut ; et moi, je meurs ici de faim !
18Il faut que je parte et que j’aille trouver mon père, et que je lui dise : Mon père, j’ai péché contre le ciel et contre vous ;
19et je ne suis plus digne d’être appelé votre fils : traitez-moi comme l’un des serviteurs qui sont à vos gages.
20Il partit donc, et vint trouver son père. Lorsqu’il était encore bien loin, son père l’aperçut, et en fut touché de compassion ; et courant à lui, il se jeta à son cou, et le baisa.
21Son fils lui dit : Mon père, j’ai péché contre le ciel et contre vous ; et je ne suis plus digne d’être appelé votre fils.
22Alors le père dit à ses serviteurs : Apportez promptement la plus belle robe, et l’en revêtez ; et mettez-lui un anneau au doigt, et des souliers à ses pieds ;
23amenez aussi le veau gras, et le tuez ; mangeons et faisons bonne chère :
24parce que mon fils que voici était mort, et il est ressuscité ; il était perdu, et il est retrouvé. Ils commencèrent donc à faire festin.
25Cependant son fils aîné, qui était dans les champs, revint ; et lorsqu’il fut proche de la maison, il entendit les concerts et le bruit de ceux qui dansaient.
26Il appela donc un des serviteurs, et lui demanda ce que c’était.
27Le serviteur lui répondit : C’est que votre frère est revenu ; et votre père a tué le veau gras, parce qu’il le revoit en santé.
28Ce qui l’ayant mis en colère, il ne voulait point entrer ; mais son père étant sorti, commençait à l’en prier.
29Sur quoi prenant la parole, il dit à son père : Voilà déjà tant d’années que je vous sers, et je ne vous ai jamais désobéi en rien de ce que vous m’avez commandé ; et cependant vous ne m’avez jamais donné un chevreau pour me réjouir avec mes amis ;
30mais aussitôt que votre autre fils, qui a mangé son bien avec des femmes perdues, est revenu, vous avez tué pour lui le veau gras.
31Alors le père lui dit : Mon fils, vous êtes toujours avec moi, et tout ce que j’ai est à vous ;
32mais il fallait faire festin et nous réjouir, parce que votre frère que voici, était mort, et il est ressuscité ; il était perdu, et il est retrouvé.