La sainte Bible

De à
Préférences d'affichage Affichage des versets par :

Style d'écriture : Taille du texte :
Couleurs :


Traduction par Louis-Issac Lemaistre de Saci, édition de 1855, libre de droits.

n°1 / Genèse. 32 :

1JACOB continuant son chemin, rencontra des anges de Dieu.2Et les ayant vus, il dit : Voici le camp de Dieu. Et il appela ce lieu-là, Mahanaïm, c’est-à-dire, le camp, ou les deux camps.3Il envoya en même temps des gens devant lui pour donner avis de sa venue à son frère Esaü en la terre de Séir, au pays d’Edom ;4et il leur donna cet ordre : Voici la manière dont vous parlerez à Esaü, mon seigneur : Jacob, votre frère, vous envoie dire ceci : J’ai demeuré comme étranger chez Laban, et j’y ai été jusqu’aujourd’hui.5J’ai des boeufs, des ânes, des brebis, des serviteurs et des servantes ; et j’envoie maintenant vers mon seigneur, afin que je trouve grâce devant lui.6Ceux que Jacob avait envoyés revinrent lui dire : Nous avons été vers votre frère Esaü, et le voici qui vient lui-même en grande hâte au-devant de vous avec quatre cents hommes.7A ces mots Jacob eut une grande peur ; et dans la frayeur dont il fut saisi, il divisa en deux bandes tous ceux qui étaient avec lui, et les troupeaux, les brebis, les boeufs et les chameaux,8en disant : Si Esaü vient attaquer une des troupes, l’autre qui restera sera sauvée.9Jacob dit ensuite : Dieu d’Abraham, mon père ! Dieu de mon père Isaac ! Seigneur qui m’avez dit : Retournez, dans votre pays, et au lieu de votre naissance, et je vous comblerai de bienfaits !10je suis indigne de toutes vos miséricordes, et de la vérité que vous avez gardée dans toutes les promesses que vous avez faites à votre serviteur. J’ai passé ce fleuve du Jourdain n’ayant qu’un bâton, et je retourne maintenant avec ces deux troupes.11Délivrez-moi, je vous prie, de la main de mon frère Esaü, parce que je le crains extrêmement, de peur qu’à son arrivée il ne passe au fil de l’épée la mère avec les enfants.12Souvenez-vous que vous m’avez promis de me combler de biens, et de multiplier ma race comme le sable de la mer, dont la multitude est innombrable.13Jacob ayant passé la nuit en ce même lieu, il sépara de tout ce qui était à lui, ce qu’il avait destiné pour en faire présent à Esaü, son frère :14deux cents chèvres, vingt boucs, deux cents brebis et vingt béliers ;15trente femelles de chameaux avec leurs petits, quarante vaches, vingt taureaux, vingt ânesses et dix ânons.16Il envoya séparément chacun de ces troupeaux qu’il fit conduire par ses serviteurs, et il leur dit : Marchez toujours devant moi, et qu’il y ait de l’espace entre un troupeau et l’autre.17Il dit à celui qui marchait le premier : Si vous rencontrez Esaü mon frère, et qu’il vous demande : A qui êtes-vous ? ou bien : Où allez-vous ? ou : A qui sont ces bêtes que vous menez ?18vous lui répondrez : Elles sont à Jacob, votre serviteur, qui les envoie pour présent à mon seigneur Esaü ; et il vient lui-même après nous.19Il donna aussi le même ordre au second, au troisième, et à tous ceux qui conduisaient les troupeaux, en leur disant : Lorsque vous rencontrerez Esaü, vous lui direz la même chose.20Et vous ajouterez : Jacob, votre serviteur, vient aussi lui-même après nous. Car Jacob disait : Je l’apaiserai par les présents qui vont devant moi ; et ensuite quand je le verrai, peut-être qu’il me regardera favorablement.21Les présents marchèrent donc devant Jacob, et pour lui il demeura pendant cette nuit dans son camp.22Et s’étant levé de fort bonne heure, il prit ses deux femmes et leurs deux servantes, avec ses onze fils, et passa le gué de Jaboc.23Après avoir fait passer tout ce qui était a lui,24il demeura seul en ce lieu-là. Et il parut en même temps un homme qui lutta contre lui jusqu’au matin.25Cet homme, voyant qu’il ne pouvait le surmonter, lui toucha le nerf de la cuisse, qui se sécha aussitôt :26et il lui dit : Laissez-moi aller, car l’aurore commence déjà à paraître. Jacob lui répondit : Je ne vous laisserai point aller que vous ne m’avez béni.27Cet homme lui demanda : Comment vous appelez-vous ? Il lui répondit : Je m’appelle Jacob.28Et le même homme ajouta : On ne vous nommera plus à l’avenir Jacob, mais Israël, c’est-à-dire, fort contre Dieu : car si vous avez été fort contre Dieu, combien le serez-vous davantage contre les hommes ?29Jacob lui fit ensuite cette demande : Dites-moi, je vous prie, comment vous vous appelez. Il lui répondit : Pourquoi demandez-vous mon nom ? Et il le bénit en ce même lieu.30Jacob donna à ce lieu-là le nom de Phanuel, ou Phéniel, c’est-à-dire, la face de Dieu, en disant : J’ai vu Dieu face à face, et cependant mon âme a été sauvée.31Aussitôt qu’il eut passé ce lieu qu’il venait de nommer Phanuel, il vit le soleil qui se levait ; mais il se trouva boiteux d’une jambe.32C’est pour cette raison que jusqu’aujourd’hui les enfants d’Israël ne mangent point du nerf de la cuisse des bêtes, se souvenant de celui qui fut touché en la cuisse de Jacob, et qui demeura sans mouvement.