Le Nouveau Testament

De à
Préférences d'affichage Affichage des versets par :

Style d'écriture : Taille du texte :
Couleurs :


Traduction par Edmond Stapfer, édition de 1889, libre de droits.

n°43 / L’Évangile selon saint Jean 6 :

1Ensuite Jésus passa de l’autre côté de la mer de Galilée (ou de Tibériade).2Il était suivi d’une foule immense, attirée par les miracles qu’il opérait sur les malades.3Il gravit la montagne et y fit sa demeure ainsi que ses disciples.4C’était aux approches de la fête juive de la Pâque.5Ayant levé les yeux, Jésus aperçut l’immense foule qui venait à lui, et dit à Philippe : « Où achèterons-nous des pains pour leur donner à manger ? »6(Il lui parlait ainsi pour le mettre à l’épreuve ; car, lui, il savait ce qu’il allait faire.)7« Pour que chacun en eût tant soit peu, lui répondit Philippe, deux cents deniers de pains seraient insuffisants. »8L’un des disciples (c’était. André, le, frère de Simon Pierre) dit à Jésus :9« Il y a ici un petit garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons ; mais pour une pareille foule qu’est-ce que cela ? »10— « Faites asseoir ces gens », dit Jésus. En ce lieu-là, l’herbe était abondante. Les hommes s’assirent au nombre d’environ cinq mille.11Jésus prit alors les pains, prononça l’action de grâces et les distribua à ceux qui étaient assis ; il fit de même avec les poissons ; ils en eurent autant qu’ils en voulaient.12Quand tous furent rassasiés, il dit à ses disciples : « Ramassez, pour que rien ne se perde, les morceaux qui sont restés. »13Ils les ramassèrent donc ; et, avec ces morceaux des cinq pains d’orge, avec ce superflu du repas, ils remplirent douze paniers.14Tous ces gens, s’apercevant qu’il avait fait un miracle, disaient : « C’est vraiment là le prophète qui doit venir dans le monde. »15Sachant alors qu’ils allaient l’enlever de force pour le faire roi, Jésus se retiras de nouveau, lui seul, dans la montagne.

16Quand vint le soir, ses disciples redescendirent vers la mer ;17ils montèrent dans une barque et entreprirent la traversée dans la direction de Capharnaüm. Il faisait déjà nuit, Jésus ne les avait pas encore rejoints,18et la mer s’enflait au souffle d’un grand vent.19Les disciples avaient parcouru environ vingt-cinq ou trente stades, quand ils aperçurent Jésus, marchant sur la mer et s’approchant de la barque. L’épouvante les saisit,20mais Jésus leur dit : « C’est moi, soyez sans crainte. »21Ils voulurent alors le recevoir dans la barque, et tout aussitôt elle se trouva à terre, là où ils allaient.22Le lendemain, les multitudes, restées de l’autre côté de la mer, remarquèrent que Jésus n’était pas entré avec ses disciples dans la seule et unique barque qui fût là, et que ceux-ci étaient partis seuls.23D’autres bateaux cependant arrivèrent de Tibériade près de l’endroit où, à la suite de l’action de grâces du Seigneur, tous avaient été nourris.24Les multitudes, qui finirent par se convaincre que, de même que ses disciples, Jésus n’était plus là, montèrent dans ces embarcations pour aller le chercher à Capharnaüm.25Et l’ayant en effet trouvé sur l’autre rive, elles lui demandèrent : « Rabbi, quand es-tu venu ici ? »26Jésus leur répondit par ces paroles : « En vérité, en vérité, je vous le dis, vous me cherchez non pas à cause des miracles que vous avez vus, mais à cause des pains dont vous avez été nourris et rassasiés.27Travaillez à acquérir, non l’aliment qui périt, mais l’aliment qui subsiste en vie éternelle, et que le Fils de l’homme vous donnera, le Fils de l’homme que le Père, que Dieu a marqué de son sceau. »28« Que devons-nous faire, lui dirent-ils, pour travailler aux œuvres de Dieu ? »29Jésus leur répondit par ces paroles : « L’œuvre de Dieu est d’avoir foi en celui qu’Il a envoyé. »30Alors ils lui demandèrent : « Quel est le miracle que tu fais afin que nous le voyions et que nous ayons foi en toi ? Quelle est l’œuvre que tu accomplis ?31Nos pères ont mangé la manne dans le désert comme cela est écrit : « Il leur donna à manger un pain qui vient du ciel. »32« Le pain qui vient du ciel, leur répondit Jésus, en vérité, en vérité, je vous le dis, Moïse ne vous l’a pas donné ; mais c’est mon Père qui vous donne le pain qui vient du ciel, le pain véritable.33Le pain de Dieu est, en effet, celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. »34« Seigneur, lui demandèrent-ils, donne-nous toujours ce pain-là. »35Jésus leur dit alors : « C’est moi qui suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif.36Mais je vous l’ai dit : Bien que vous m’ayez vu, vous ne croyez pas. »37« A moi viendra tout ce que le Père me donne, et celui qui vient à moi je ne le repousserai point au dehors ;38car je suis descendu du ciel, non pour faire ma volonté, mais la volonté de Celui qui m’a envoyé.39Or, la volonté de Celui qui m’a envoyé, c’est que je ne perde rien de ce qu’il m’a donné, mais que je ressuscite tout au dernier jour.40Oui, la volonté de mon Père c’est que quiconque contemple le Fils et croit en lui ait la vie éternelle, et moi-même je le ressusciterai au dernier jour. »41Cependant les Juifs murmuraient contre cette parole de lui : « C’est moi qui suis le pain descendu du ciel. »42— « Est-ce que ce n’est pas là Jésus, le fils de Joseph, disaient-ils, Jésus dont nous connaissons le père et la mère ? Comment cet homme peut-il dire : « je suis descendu du ciel ? »43Jésus leur répondit par ces paroles : « Ne murmurez pas entre vous ;44nul ne peut venir à moi, sans être attiré par le Père qui m’a envoyé, et c’est moi qui ressusciterai celui-là au dernier jour.45Il est écrit dans les prophètes : « Ils seront tous enseignés de Dieu. » « Quiconque a entendu le Père et a appris, vient à moi.46Non que quelqu’un ait vu le Père, sauf celui qui est de la part de Dieu, lui, il a vu le Père. »47« En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit a la vie éternelle.48Je suis, moi, le pain de la vie.49Vos pères ont mangé la manne dans le désert ; puis ils sont morts.50Voici le pain descendant du ciel, afin qu’on en mange et qu’on ne meure points.51Je suis, moi, le pain vivant descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Et le pain que je donnerai pour la vie du monde, c’est ma chair. »52Il y eut alors un débat entre les Juifs ; ils disaient : « Comment cet homme peut-il nous donner à manger sa chair ? »53« En vérité, en vérité, je vous le dis, reprit Jésus, si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez son sang, vous n’avez pas la vie en vous-mêmes.54Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour.55Car ma chair est une vraie nourriture, et mon sang est un vrai breuvage.56Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui.57De même que Celui qui est vivant, le Père, m’a envoyé et que, moi, je vis par le Père, de même aussi celui qui me mange vivra par moi.58Tel est le pain descendu du ciel. Il n’en est pas de lui comme de la manne dont se nourrirent vos pères, lesquels sont morts ensuite. Celui qui mange ce pain-ci vivra éternellement. »59Telles furent les paroles de Jésus enseignant dans la synagogue à Capharnaüm.60Après les avoir entendues, plusieurs de ses disciples dirent : « C’est dur à accepter ce qu’il dit là ! Qui peut écouter ces paroles ? »61Sachant en lui-même les murmures de ses disciples à ce sujet, Jésus leur dit : « Cela vous scandalise !62Et si vous voyiez le Fils de l’homme montant là où il était auparavant !63C’est l’Esprit qui vivifie ; la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et sont vie.64Mais il en est parmi vous quelques-uns qui, ne croient pas ! » (Dès le commencement, en effet, Jésus savait quels étaient ceux qui ne croyaient point, et quel était l’homme qui le livrerait.)65« Voilà pourquoi, ajoutait-il, je vous ai dit que nul ne peut venir à moi, à moins que cela ne lui soit donné par le Père. »

66Ce fut alors qu’un grand nombre de ses disciples se retirèrent ; ils ne furent plus de sa suite ; ils ne marchaient plus avec lui.67« Et vous, voulez-vous aussi vous en aller ? » dit Jésus aux douze.68Simon Pierre lui répondit : « Seigneur, à qui irions-nous ? tu as des paroles de vie éternelle,69et nous, nous avons cru et nous avons reconnu que tu es le Saint de Dieu. »70Jésus reprit : « N’est-ce pas moi qui vous ai choisis tous les douze ? eh bien, l’un de vous est un démon ! »71Il parlait de Judas, fils de Simon, l’Iskariôte. C’était lui, en effet, qui devait le livrer, lui, l’un des douze.