Le Nouveau Testament

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Traduction par Edmond Stapfer, édition de 1889, libre de droits.

n°43 / L’Évangile selon saint Jean 19 :

1Pilate ordonna alors de saisir Jésus et de le flageller.

2Les soldats, ayant tressé une couronne avec des épines, la lui posèrent sur la tête et l’affublèrent d’un manteau couleur pourpre ;3puis ils s’avançaient vers lui et disaient : « Salut ! le Roi des Juifs ! » Et il lui donnaient des coups de bâton.4Encore une fois, Pilate revint dehors. « Je vais vous l’amener, leur dit-il, pour que vous sachiez que je ne trouve aucun motif de le condamner. »5Et Jésus parut dehors, portant la couronne d’épines et le manteau couleur pourpre. « Voilà l’homme », leur dit Pilate.6Dès qu’ils le virent, les chefs des prêtres et leurs gens se mirent à crier : « Crucifie-le ! crucifie-le ! » — « Prenez-le vous-mêmes, leur dit Pilate, et crucifiez-le ! Quant à moi je ne trouve en lui nulle matière à condamnation. » —7« Nous avons une Loi, répliquèrent les Juifs, et de par cette Loi, il faut qu’il meure pour s’être fait Fils de Dieu. »8Pilate, entendant ces paroles, fut de plus en plus effrayé,9Rentrant encore une fois dans le prétoire, il dit à Jésus : « D’où es-tu ? » Mais Jésus ne lui fit point de réponse.10« Tu ne me parles pas ? reprit Pilate, ignores-tu que j’ai le pouvoir de te délivrer et le pouvoir de te crucifier. »11— « Tu n’aurais contre moi aucun pouvoir, répondit Jésus, s’il ne t’était donné d’en haut. Voilà pourquoi celui qui me livre à toi est coupable d’un plus grand péché. »12Là-dessus, Pilate cherchait à le délivrer ; mais les Juifs lui criaient ces paroles : « Si tu délivres cet homme, tu n’es pas partisan de César, car quiconque se fait Roi se pose en adversaire de César. »13Pilate, entendant un tel langage, fit venir Jésus au dehors, et prit siège au tribunal, à l’endroit appelé « Pavé en mosaïque » (en hébreu Gabbatha).14C’était le jour de la Préparation de la Pâque, et vers la sixième heure. Pilate dit aux Juifs : « Voilà votre Roi. »15Ceux-ci se mirent à crier : « A mort ! à mort ! crucifie-le ! » — « Votre Roi ! leur dit Pilate, je le crucifierais ! » — « Nous n’avons d’autre Roi que César », répondirent les chefs des prêtres.16Ce fut alors que Pilate le leur abandonna pour être crucifié. Ils s’emparèrent de Jésus

17et lui, portant lui-même la croix, vint au lieu qu’on appelle Crâne (en hébreu Golgotha).18C’est là qu’ils le crucifièrent et avec lui deux autres, un de chaque côté, et au milieu, Jésus.19Pilate rédigea aussi une inscription et la fit placer sur la croix ; il y était écrit : JESUS DE NAZARETH, LE ROI DES JUIFS.20Cette inscription, beaucoup de Juifs la lurent parce que le lieu où Jésus fut crucifié était près de la ville. Elle était rédigée en hébreu, en latin et en grec.21Alors les chefs des prêtres Juifs dirent à Pilate : « N’inscris pas : « LE ROI DES JUIFS » ; mais : « CET HOMME A DIT : « JE SUIS LE ROI DES JUIFS. »22— « Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit », répondit Pilate.

23Après avoir mis Jésus en croix, les soldats s’emparèrent de ses vêtements dont ils firent quatre parts ; une pour chaque soldat. Restait la tonique, une tunique sans couture, tout entière d’un seul tissu depuis le haut.24« Ne la déchirons pas, se dirent-ils, mais tirons au sort à qui l’aura ». (C’était afin que fût accomplie l’Écriture : « Ils ont partagé mes vêtements entre eux Et sur ma robe ils ont jeté le sort. ») Donc, les soldats firent ainsi.25Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère, la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie Magdeleine.26Jésus, voyant sa mère et, près d’elle, le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voilà ton fils. »27Puis il dit au disciple : « Voilà ta mère. » A partir de ce moment le disciple la prit chez lui.28Après cela, Jésus sachant que désormais tout était achevé d’accomplir, dit, afin de parfaire cet accomplissement de l’Écriture : « J’ai soif. »29Il y avait là un vase plein de vinaigre. On y trempa une éponge qui fut fixée à une tige d’hysope, et on l’approcha de sa bouche.30Quand il eut pris le vinaigre, il dit : « Tout est accompli » et, ayant baissé la tète, il rendit l’esprit.31C’était le jour de la Préparation et pour que les corps ne restassent pas en croix pendant le sabbat, — un sabbat qui devait être très solennel, — les Juifs demandèrent à Pilate de faire briser les jambes des suppliciés et de les faire enlever.32Les soldats vinrent donc et brisèrent les jambes du premier crucifié, puis du second.33Arrivant à Jésus, ils s’aperçurent qu’il était déjà mort, et alors ils ne lui brisèrent pas les jambes.34Seulement un des soldats lui perça le côté d’un coup de lance, et il en sortit immédiatement du sang et de l’eau.35Celui qui l’a vu l’a attesté et son attestation est véridique. Lui, il sait qu’il dit vrai, afin que, vous aussi, vous croyiez.36(Car cela arriva afin que fût accomplie l’Écriture : « Aucun de ses os ne sera brisé, »37et un autre passage dit encore : « Ils regarderont celui qu’ils ont percé. »)

38Après cela, Joseph (celui qui est d’Arimathée), — il était disciple de Jésus, mais en secret par crainte des Juifs, — demanda à Pilate la permission d’enlever le corps de Jésus. Pilate la lui donna. Il vint donc enlever le corps.39Avec lui se trouvait aussi Nicodème (celui qui était allé trouver Jésus pendant la nuit au commencement) ; il apportait une composition de myrrhe et d’aloès, une centaine de livres.40Ils prirent donc le corps de Jésus et l’enveloppèrent dans des bandes de linge avec les parfums, suivant le mode d’ensevelissement usité chez les Juifs.41Il y avait dans le lieu où il avait été crucifié un jardin et, dans ce jardin, un sépulcre neuf, où personne n’avait encore été placé.42Ce fut donc là, à cause de la Préparation des Juifs, et parce que ce sépulcre était tout proche, qu’ils déposèrent Jésus.