Le Nouveau Testament

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Traduction par Edmond Stapfer, édition de 1889, libre de droits.

n°43 / L’Évangile selon saint Jean 18 :

1Après avoir ainsi parlé, Jésus sortit avec ses disciples et traversa le torrent de Kédron. Là se trouvait un jardin dans lequel il entra, et eux avec lui.2Judas, celui qui le livrait, connaissait cet endroit, parce que Jésus y était souvent venu avec ses disciples.

3Ayant pris une escouade de soldats et accompagné d’agents fournis par les chefs des prêtres et les Pharisiens, Judas arriva donc en cet endroit avec des lanternes, des torches et des armes.4— Jésus, sachant tout ce qui allait lui arriver, s’avança et leur dit : « Qui cherchez-vous ? »5— « Jésus de Nazareth », lui répondirent ils. — Jésus leur dit : « C’est moi. » Au milieu d’eux se tenait Judas, celui qui le livrait.6Mais à peine Jésus avait-il dit : « C’est moi », qu’ils firent un mouvement en arrière et tombèrent sur le sol.7Il leur demanda une seconde fois : « Qui cherchez-vous ? » — « Jésus de Nazareth », dirent-ils.8— Jésus reprit : « Je vous ai dit que c’est moi ; si donc c’est moi que vous cherchez, laissez ceux-ci s’en aller. »9(C’était afin que fût accomplie la parole qu’il avait dite : « De ceux que tu m’as donnés, je n’en ai perdu aucun. »)10Simon Pierre, cependant, avait une épée, et la tira. Il en frappa le serviteur du grand-prêtre et lui coupa l’oreille droite. — Ce serviteur se nommait Malchus.11— « Remets ton épée dans le fourreau », dit alors Jésus à Pierre ; « la coupe que m’a donnée le Père, ne la boirai-je pas ? »

12Cependant la cohorte, le tribun et les agents des Juifs se saisirent de Jésus et le garrottèrent.13Ils commencèrent par le mener chez Hanne, beau-père de Kaïphe.14(Kaïphe était le grand-prêtre de l’année, et c’était lui qui avait ouvert aux Juifs cet avis : « Il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple. »)

15Simon Pierre et un autre disciple avaient suivi Jésus. Cet autre disciple, étant de la connaissance du grand-prêtre, entra en même temps que Jésus dans la cour.16Quant à Pierre, il était resté dehors contre la porte. L’autre disciple, qui était de la connaissance du grand-prêtre, sortit pour parler à la portière et le fit entrer.17Cette servante, qui gardait la porte, dit alors à Pierre : « N’es-tu pas toi aussi des disciples de cet homme ? »18— « Non ; pas moi », répondit-il. Il faisait froid ; les esclaves et les hommes de service, groupés autour d’un brasier allumé par eux, se chauffaient ; et Pierre, se tenant au milieu d’eux, se chauffait aussi.

19Le grand-prêtre cependant interrogea Jésus sur ses disciples et sur son enseignement.20Jésus lui répondit : « C’est ouvertement que j’ai parlé au monde ; j’ai toujours enseigné dans la synagogue et dans le Temple, là où se réunissent tous les Juifs, et je n’ai rien dit en cachette.21Pourquoi m’interroges-tu ? demande à mes auditeurs de quoi je leur ai parlé. Eux savent bien ce que j’ai dit. »22A ces mots, un des hommes de service qui se tenait à côté de Jésus, lui donna un coup de bâton en lui disant : « Est-ce de la sorte que tu réponds au grand-prêtre. »23Jésus s’adressa à cet homme : « Si j’ai mal parlé, prouve ce que j’ai dit de mal ; si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? »24Hanne l’envoya, tout garrotté, à Kaïphe, le grand-prêtre.25Cependant Simon Pierre se tenait là et se chauffait. « N’es-tu pas, toi aussi, de ses disciples ? » lui dit-on. Il le nia. « Moi ? dit-il, non pas. »26Un des serviteurs du grand-prêtre, parent de celui à qui Pierre avait coupé l’oreille, lui dit : « Est-ce que, moi-même, je ne t’ai pas vu, avec lui, dans le jardin ? »27Encore une fois Pierre nia, et à ce moment un coq chanta.

28De chez Kaïphe, ils menèrent Jésus au prétoire ; le jour se levait. Eux-mêmes n’entrèrent pas dans le prétoire afin de ne pas contracter de souillure et de pouvoir manger la Pâque.29Pilate vint donc à eux dehors. « Quelle accusation, dit-il, portez-vous contre cet homme ? »30Ils lui répondirent par ces paroles : « Si ce n’était pas un malfaiteur, nous ne te l’aurions pas livré. »31Pilate leur répliqua : « Prenez-le, et jugez-le vous-mêmes, suivant votre Loi. » — « Nous n’avons pas le droit, répondirent les Juifs, de mettre personne à mort. »32(C’était afin que fût accomplie la parole que Jésus avait dite pour indiquer de quelle mort il allait mourir.)33Pilate rentra donc dans le prétoire, fit venir Jésus et lui dit : « Tu es le Roi des Juifs ? »34— « Est-ce de toi-même que tu dis cela, répondit Jésus, ou d’autres te l’ont-ils dit de moi ? »35— « Est-ce que je suis Juif, moi ! » répliqua Pilate, « c’est ta nation, ce sont les chefs des prêtres qui t’ont livré à moi ; qu’as-tu fait ? »36Jésus répondit : « Ma Royauté n’est pas de ce monde. Si ma Royauté était de ce monde, mes sujets combattraient pour moi, pour que je ne fusse pas livré aux Juifs ; mais ma Royauté n’est pas d’ici. »37Alors Pilate lui dit : « Ainsi donc tu es Roi ! » Jésus répondit : « Tu le dis, je suis Roi. Voici pourquoi je suis né, voici pourquoi je suis venu dans le monde : pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix. » —38« Qu’est-ce que la vérité ? » lui dit Pilate. Sur ce mot, il revint dehors vers les Juifs et leur dit : « Moi, je ne trouve en lui aucune matière à condamnation.39Il est d’usage que je vous délivre quelqu’un à la fête de Pâque, voulez-vous que je vous délivre le « Roi des Juifs ? »40Ils recommencèrent à crier : « Pas celui-là, disaient-ils, mais Bar-Abbas. » Ce Bar-Abbas était un brigand.