Les livres du Nouveau Testament

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Traduction par Albert Rilliet, édition de 1858, libre de droits.

n°40 / Selon Matthieu. 18 :

1Or, en ce moment-là, les disciples s’approchèrent de Jésus en disant : « Quel est donc le plus grand dans le royaume des cieux ? »2Et ayant appelé un petit enfant, il le plaça au milieu d’eux,3et dit : « En vérité, je vous le déclare, si vous ne vous convertissez, et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez certainement pas dans le royaume des cieux.4Quiconque donc s’humiliera comme ce petit enfant, celui-là est le plus grand dans le royaume des cieux ;5et celui qui aura reçu en mon nom un seul petit enfant comme celui-là, il me reçoit ;6mais celui qui aura scandalisé un seul de ces petits qui croient en moi, mieux vaudrait pour lui qu’on suspendît autour de son col une meule de moulin à âne, et qu’on le précipitât dans les profondeurs de la mer.7Malheur au monde à cause des scandales ; car il est nécessaire que les scandales arrivent ; néanmoins malheur à l’homme par qui le scandale arrive !8Mais si ta main ou ton pied sont pour toi une occasion de scandale, coupe-le et jette-le loin de toi ; il t’est bon d’entrer dans la vie estropié ou boiteux, plutôt que d’être jeté, en ayant deux mains ou deux pieds, dans le feu éternel.9Et si ton œil est pour toi une occasion de scandale, arrache-le, et jette-le loin de toi ; il t’est bon d’entrer borgne dans la vie plutôt que d’être jeté, en ayant deux yeux, dans la géhenne du feu.10Prenez garde de ne pas mépriser un seul de ces petits ; car je vous déclare que leurs anges contemplent constamment dans le ciel la face de mon Père qui est dans les cieux.11[Car le fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu.]12Que vous en semble ? Si un homme avait cent brebis et qu’une d’elles se fût égarée, est-ce qu’il ne laissera pas les quatre-vingt-dix-neuf brebis sur les montagnes pour aller chercher celle qui s’est égarée ?13Et s’il arrive qu’il la trouve, en vérité je vous déclare qu’il éprouve à son sujet plus de joie que pour les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées.14De même, ce n’est pas la volonté de mon Père qui est dans les cieux, qu’un seul de ces petits se perde.15Mais si ton frère vient à pécher, va, reprends-le entre toi et lui seul ; s’il t’écoute, tu as gagné ton frère ;16mais s’il ne t’écoute pas, prends encore une ou deux personnes avec toi, afin que sur une déclaration de deux ou trois témoins toute affaire soit décidée.17Mais, s’il refuse de les écouter, adresse-toi à l’église, et s’il refuse aussi d’écouter l’église, qu’il soit pour toi comme le païen et le publicain.18En vérité je vous le déclare, tout ce que vous aurez lié sur la terre, sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel.19En vérité je vous déclare encore que, si deux d’entre vous s’accordent sur la terre pour quoi que ce soit qu’ils aient à demander, cela leur sera accordé par mon Père qui est dans les cieux ;20car là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux. »21Alors Pierre s’étant approché, lui dit : « Seigneur, combien de fois mon frère péchera-t-il contre moi et lui pardonnerai-je ? Sera-ce jusques à sept fois ? »22Jésus lui dit : « Je ne te dis pas jusques à sept fois, mais jusques à soixante-dix fois sept.23C’est pourquoi le royaume des cieux ressemble à un roi qui voulut faire rendre compte à ses esclaves.24Or, après qu’il eut commencé à faire rendre compte, on lui amena un débiteur de dix mille talents.25Mais comme il n’avait pas de quoi payer, le maître ordonna qu’il fût vendu, ainsi que sa femme, ses enfants et tout son avoir, et que la dette fût payée.26L’esclave s’étant donc prosterné l’adorait en disant : « Prends patience à mon égard, et je te paierai tout. »27Et le maître de l’esclave ayant été touché de compassion, le relâcha et lui remit le prêt.28Mais l’esclave, après qu’il fut sorti, trouva un autre esclave qui servait avec lui, et qui lui devait cent deniers, et l’ayant saisi il l’étranglait en disant : « Paie, puisque tu dois. »29L’esclave qui servait avec lui s’étant donc prosterné, le sollicitait en disant : « Prends patience à mon égard, et je te paierai ; »30mais lui ne voulait pas, et tout au contraire il s’en alla le faire jeter en prison jusques à ce qu’il eût payé ce qu’il devait.31Les esclaves qui servaient avec lui, ayant donc vu ce qui s’était passé, furent dans une grande tristesse, et ils vinrent informer leur maître de tout ce qui s’était passé.32Alors son maître l’ayant fait venir lui dit : « Méchant esclave, je t’ai remis toute cette dette-là parce que tu m’en as sollicité ;33ne fallait-il pas que, toi aussi, tu eusses pitié de l’esclave qui sert avec toi, comme moi de mon côté j’ai eu pitié de toi ? »34Et son maître irrité le livra aux bourreaux jusques à ce qu’il eût payé tout ce qu’il devait.35C’est ainsi que mon Père céleste agira aussi envers vous, si vous ne pardonnez pas, chacun à son frère, du fond de vos cœurs. »