La sainte Bible

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Nouvelle édition de Genève, édition de 1979 © Copyright.[+]

n°18 / Job 30 :

Misère et humiliation de Job
1Et maintenant ! … je suis la risée de plus jeunes que moi, De ceux dont je dédaignais de mettre les pères Parmi les chiens de mon troupeau.

2Mais à quoi me servirait la force de leurs mains ? Ils sont incapables d’atteindre la vieillesse.

3Desséchés par la misère et la faim, Ils fuient dans les lieux arides, Depuis longtemps abandonnés et déserts ;

4Ils arrachent près des arbrisseaux les herbes sauvages, Et ils n’ont pour pain que la racine des genêts.

5On les chasse du milieu des hommes, On crie après eux comme après des voleurs.

6Ils habitent dans d’affreuses vallées, Dans les cavernes de la terre et dans les rochers ;

7Ils hurlent parmi les buissons, Ils se rassemblent sous les ronces.

8Etres vils et méprisés, On les repousse du pays.

9Et maintenant, je suis l’objet de leurs chansons, Je suis en butte à leurs propos.

10Ils ont horreur de moi, ils se détournent, Ils me crachent au visage.

11Ils n’ont plus de retenue et ils m’humilient, Ils rejettent tout frein devant moi.

12Ces misérables se lèvent à ma droite et me poussent les pieds, Ils se fraient jusqu’à moi des sentiers pour ma ruine ;

13Ils détruisent mon propre sentier et travaillent à ma perte, Eux à qui personne ne viendrait en aide ;

14Ils arrivent comme par une large brèche, Ils se précipitent sous les craquements.

15Les terreurs m’assiègent ; Ma gloire est emportée comme par le vent, Mon bonheur a passé comme un nuage.

16Et maintenant, mon âme s’épanche en mon sein, Les jours de la souffrance m’ont saisi.

17La nuit me perce et m’arrache les os, La douleur qui me ronge ne se donne aucun repos,

18Par la violence du mal mon vêtement perd sa forme, Il se colle à mon corps comme ma tunique.

19Dieu m’a jeté dans la boue, Et je ressemble à la poussière et à la cendre.

20Je crie vers toi, et tu ne me réponds pas ; Je me tiens debout, et tu me lances ton regard.

21Tu deviens cruel contre moi, Tu me combats avec la force de ta main.

22Tu me soulèves, tu me fais voler au-dessus du vent, Et tu m’écrases au bruit de la tempête.

23Car, je le sais, tu me mènes à la mort, Au rendez-vous de tous les vivants.

24Mais celui qui va périr n’étend-il pas les mains ? Celui qui est dans le malheur n’implore-t-il pas du secours ?

25N’avais-je pas des larmes pour l’infortuné ? Mon cœur n’avait-il pas pitié de l’indigent ?

26J’attendais le bonheur, et le malheur est arrivé ; J’espérais la lumière, et les ténèbres sont venues.

27Mes entrailles bouillonnent sans relâche, Les jours de la calamité m’ont surpris.

28Je marche noirci, mais non par le soleil ; Je me lève en pleine assemblée, et je crie.

29Je suis devenu le frère des chacals, Le compagnon des autruches.

30Ma peau noircit et tombe, Mes os brûlent et se dessèchent.

31Ma harpe n’est plus qu’un instrument de deuil, Et mon chalumeau ne peut rendre que des sons plaintifs.